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L’analyse du passage historique du cyclone Belal sur La Réunion

Météo France a publié son bilan météorologique du système dépressionnaire Belal qui a marqué l'histoire des cyclones à La Réunion.

Ecrit par Baradi Siva – le vendredi 02 février 2024 à 06H25

Le cyclone Belal a été un événement de très grande ampleur. Météo France fait le point sur le phénomène météorologique historique.

Il s’agit en effet du premier cyclone à frapper directement La Réunion depuis Colina en 1993. C’est aussi le premier cyclone qui a apporté des vents cycloniques de plus de 150 km/h sur une majeure partie de l’île depuis Dina en 2002. Enfin, la houle cyclonique a dépassé les 11,5 mètres pour la première fois depuis Gamède en 2007. Par ailleurs, le cumul de pluie moyenné sur l’île était de 500 mm.

Le relief de La Réunion a perturbé l’œil de Belal

Le passage du centre du cyclone Belal était prévu sur l’île, mais l’oeil n’a finalement fait que longer les côtes réunionnaises. Un changement de trajectoire à la dernière minute provoqué par le relief important de notre département.

Météo France indique que cela s’est déjà produit par le passé pour Clotilda en février 1987, Firinga en janvier 1989 et Colina en janvier 1993.

Le mur Sud de l’œil a touché la côte Nord vers 10h. La bordure de l’oeil est entrée sur le littoral Nord-Est (de Sainte-Marie à Saint-André) moins d’une heure plus tard. Belal a longé ensuite les côtes Nord-Est, en incurvant son déplacement vers le Sud et en ralentissant.

L’œil est entré sur terre au niveau de la commune de Saint-Benoît (vers Saint-Anne) à la mi-journée. Il ressort peu de temps après, en début d’après-midi, au large du Grand-Brulé (communes de Sainte-Rose/Saint-Philippe). Belal avance lentement sur les côtes Sud-Est avant de s’éloigner en fin d’après-midi.

Le mur de l’œil de Belal a été fortement ressenti sur la région Nord (zone littorale notamment et secteur de la Montagne) et sur l’Est et le Sud-Est de l’île. Le calme de l’œil est lui observé sur les littoraux Nord-Est et Est avant de se généraliser à Sainte-Rose et Saint-Philippe.

Les données majeures

Dans les Hauts, les pluies ont atteint des niveaux importants : 1367 mm à Commerson, 1019 mm à Plaine des Palmistes, 982 mm à Grand-Îlet (Salazie), 931 mm à Plaine des Cafres, 836 mm à la Nouvelle (Mafate), 816 mm à Cilaos, 699 mm au Brûlé Val Fleuri (Saint-Denis).

Moins de pluie dans les Bas, mais des relevés impressionnants : 469 mm au Baril (Saint-Philippe), 402 mm à la Possession, 345 mm à Saint-Benoît, 324 mm au Chaudron (Saint-Denis), 282 mm au Colosse (Saint-André), 267 mm à Gillot-Aéroport (Sainte-Marie), 211 mm au Port.

Pour ce qui est des vents, les rafales ont dépassé les 100 km/h pendant 18 heures au Port, pendant 13 heures à La Plaine des Palmistes et pendant 10 heures à Gillot-Aéroport.

Pour la houle, les relevés du houlographe du BRGM au large de Sainte-Marie a enregistré une vague d’une hauteur maximale de 11,6 mètres.

Le bilan du passage de Belal par Météo France

Le cyclone tropical BELAL, dont l’œil a touché la Réunion le 15 janvier 2024, restera comme l’un des cyclones les plus marquants de ces 30 dernières années, par l’action conjuguée du vent, des précipitations et de la houle. Le dernier passage sur l’île d’un œil de cyclone remonte au 19 janvier 1993 (cyclone COLINA).

Formation et approche de La Réunion

Au fil de la journée du 11 janvier, une zone suspecte commence à se matérialiser à plus de 1000 km au nord-nord-est de La Réunion au sein d’une Zone de Convergence Intertropicale marquée par la présence de nombreux amas pluvio-orageux. Dans un environnement favorable à son développement, cette zone suspecte devient une dépression tropicale en journée du 12 janvier puis la tempête tropicale BELAL la nuit suivante, alors que son centre se trouve à un peu moins de 700 km au Nord de La Réunion.

Sa trajectoire se fait dans un premier temps en direction générale du sud-ouest avant de s’incurver graduellement vers le sud dans la nuit du 13 au 14 janvier et tout au long de la journée du 14. BELAL devient à ce moment-là un cyclone tropical avec des vents estimés dans le mur de l’œil à 140 km/h et des rafales pouvant atteindre 195 km/h.

Situé en fin de journée du 14 janvier à environ 235 km au large des côtes Nord-Ouest de La Réunion, BELAL représente alors une menace importante pour La Réunion. En soirée, le cyclone incurve sa trajectoire vers le Sud-Est et se rapproche directement des côtes réunionnaises. La seule bonne nouvelle est que le météore ne s’intensifie plus. Il présente de plus une structure très asymétrique de ses vents forts et de ses pluies, puisque toute l’activité se situe dans la partie avant du cyclone (le secteur Sud-Est du cyclone) alors que les vents sont sensiblement moins forts à l’arrière (le secteur Nord-Ouest) avec une activité pluvieuse quasi-absente.

Trajectoire de BELAL et alertes cycloniques à la Réunion

Trajectoire de BELAL et alertes cycloniques à la Réunion

Le passage sur La Réunion

Après s’être approché de l’île par le Nord-Ouest dans la nuit du 14 au 15, le déplacement de l’œil du cyclone est perturbé par la présence du relief de La Réunion dès le début de matinée du 15 janvier. Il contourne dans un premier temps l’île par le Nord en accélérant et en se contractant. Le mur Sud de l’œil touche la côte Nord aux alentours de 10h, suivi de la rentrée de la bordure de l’oeil sur les régions littorales Nord-Est (de Sainte-Marie à Saint-André) moins d’une heure plus tard.

BELAL longe ensuite les côtes Nord-Est, en incurvant son déplacement vers le sud et en ralentissant. L’œil finit par franchement rentrer sur terre au niveau de la commune de Saint-Benoît (vers Saint-Anne) à la mi-journée. Il ressort peu de temps après, en début d’après-midi, au large du Grand-Brulé (communes de Sainte-Rose/Saint-Philippe). Affaibli en raison de son passage sur l’île, BELAL évolue alors très lentement pendant quelques heures à proximité immédiate des côtes Sud-Est avant de commencer à s’éloigner vers l’est-sud-est en fin d’après-midi.

Le mur de l’œil de BELAL est fortement ressenti sur la région Nord (zone littorale notamment et secteur de la Montagne), puis de façon légèrement moindre sur l’Est et le Sud-Est de l’île. Le calme de l’œil est lui observé sur les littoraux Nord-Est et Est avant d’être un peu plus généralisé sur les communes de Sainte-Rose et Saint-Philippe (incluant le massif du volcan). Des moments de calme ont été aussi ressentis dans d’autres secteurs de l’île sans que cela puisse être attribué au passage de l’œil. En effet, avec la rotation très rapide des vents soufflant sur l’île en lien avec le déplacement de BELAL sur nos côtes, les zones protégées par le relief (zones déventées) ont également concerné différents secteurs.

Conséquence logique de la structure asymétrique de BELAL, la partie avant du météore est franchement plus pluvieuse et venteuse que la partie arrière.

Le passage de l’œil d’un cyclone tropical sur La Réunion n’avait pas été observé depuis plus de 30 ans (le 19 janvier 1993 exactement avec le passage du cyclone tropical COLINA). Les perturbations de la trajectoire du cyclone en lien avec le relief de l’île ont déjà été observés sur des cyclones passés qui ont circulé sur La Réunion comme pour CLOTILDA en février 1987, FIRINGA en janvier 1989 et COLINA en janvier 1993.

séquence radar de BELAL

Evolution du cyclone BELAL au Nord-Ouest, au Nord puis à l’Est de La Réunion en matinée du 15 janvier, vu par les radars de détection des pluies du Colorado et de Piton Villers.

Trajectoire haute résolution de BELAL à proximité de la Réunion

Trajectoire « haute résolution » de BELAL à proximité et sur La Réunion (attention il s’agit de la position du centre de l’oeil). La zone en bleu clair balise les secteurs qui ont ressenti le calme de l’œil. Heures UTC (ajouter 4h pour l’heure locale)

Circulation des vents sur la Réunion à deux moments de la matinée lors du passage de BELAL

Illustration de la circulation des vents sur l’île à 2 moments de la matinée du 15 janvier. Les zones de calme ressenties sur l’Ouest et le Nord-Ouest de l’île sont liées à la bascule des secteurs protégés par le relief en lien avec la rotation des vents.

Pluviométrie

Les cumuls de pluie ont été importants, notamment dans les hauts et sur le volcan, mais en se concentrant essentiellement sur la journée du 15 janvier.

Sur la totalité de l’épisode pluvieux, du 13 au 16, on relève parmi les cumuls les plus importants :

  • dans les hauts : 1367 mm à Commerson, 1019 mm à Plaine des Palmistes, 982 mm à Grand-Îlet (Salazie), 931 mm à Plaine des Cafres, 836 mm à la Nouvelle (Mafate), 816 mm à Cilaos, 699 mm au Brûlé Val Fleuri (Saint-Denis)
  • près du littoral : 469 mm au Baril (Saint-Philippe), 402 mm à la Possession, 345 mm à Saint-Benoît, 324 mm au Chaudron (Saint-Denis), 282 mm au Colosse (Saint-André), 267 mm à Gillot-Aéroport (Sainte-Marie), 211 mm au Port

Le cumul de pluie moyenné sur l’ensemble de l’île est finalement de l’ordre de 520 mm, ce qui va permettre à BELAL d’intégrer le « club des 500 mm ». Voir le site des pluies extrêmes : http://pluiesextremes.meteo.fr/lareunion/Le-club-des-500-mm.html

Cumuls de précipitations de l'épisode cyclonique BELAL

Cumuls de précipitations de l’épisode cyclonique BELAL

Quelques intensités ont été assez remarquables :

  • en 1h : 112 mm à Takamaka, 112 mm à Commerson, 107 mm à Aurère (Mafate), 91 mm à Montauban (Saint-Denis)
  • en 3h : 294 mm à Commerson, 236 mm à Plaine des Palmistes, 225 mm à Plaine des Chicots (Saint-Denis), 217 mm à la Crête (Saint-Joseph)
  • en 6h : 494 mm à Commerson, 428 mm à Plaine des Palmistes, 417 mm à Plaine des Chicots (Saint-Denis), 409 mm à Grand-Îlet (Salazie)
  • en 12h : 770 mm à Commerson, 717 mm à Plaine des Chicots (Saint-Denis), 564 mm à Takamaka
  • en 24h : 980 mm à Commerson, 765 mm à Plaine des Chicots (Saint-Denis), 760 mm à Grand-Îlet (Salazie), 701 mm à Plaine des Palmistes

Vent

Comme la moitié nord-est de l’île a été concernée par le passage du mur de l’œil (de Saint-Denis à Saint-Philippe en passant par Saint-André), les rafales de vent ont été remarquables, dépassant les 150 km/h sur la plupart des points de mesure.

On notera que dans la journée du 15 la durée totale quotidienne avec des rafales de vent supérieures à 100 km/h a été d’environ :

  • 18 heures au Port (10 heures de nord-est, puis relative accalmie pendant 3 heures, et enfin 8 heures de sud-ouest, donc en sens opposé)
  • 10 heures à Gillot-Aéroport (4 heures d’est, puis 1 heure d’accalmie relative (90 km/h), et enfin 6 heures d’ouest-nord-ouest)
  • 13 heures à Plaine des Palmistes, (6 heures de nord-est à est, puis 7 heures de sud-ouest)
  • 9 heures à Pierrefonds-Aéroport (6 heures de sud-est, puis 3 heures de sud),

Pour le Port et Gillot, les accalmies correspondent à des moments où les vents ont tourné progressivement avec l’éloignement du cyclone vers l’est, plaçant alors ces villes sous le vent du relief. Ce n’était donc pas dû au passage de l’œil du cyclone qui est passé au nord de ces communes.

La rafale maximale de l’épisode venteux concerne le Piton Maïdo (217 km/h) mais c’est un lieu particulièrement exposé.

Rafales maximales de vent à la Réunion lors du cyclone tropical BELAL

Rafales maximales de vent à la Réunion lors du cyclone tropical BELAL

Houle

Les zones littorales du nord, du nord-est et du nord-ouest de l’île ont été les plus affectées par les effets de la houle cyclonique qui a produit son maximum d’impact en 2ème partie de nuit du 14 au 15 janvier et le lundi 15 matin sur le littoral allant de Sainte-Suzanne à Saint-Gilles (houle venant du Nord à l’approche du cyclone).

Le houlographe du BRGM situé au large de Sainte-Marie a relevé vers 10h30 locale (au moment du passage du mur de l’œil) une hauteur significative des vagues de 7,3 mètres et une hauteur maximale de 11,6 mètres.

Si l’on compare ces valeurs à celles enregistrées lors des épisodes cycloniques marquants de ces 30 dernières années, elles sont du même ordre de grandeur que celles observées lors du passage du cyclone GAMEDE en 2007, et légèrement plus sévères que celles engendrées par le cyclone BEJISA en 2014. Elle sont en revanche un cran en dessous de celles enregistrées pendant le cyclone DINA en 2002.

Pression

Sur les 3 stations disposant des valeurs de pression réduite au niveau de la mer, le minimum (973,5 hPa) a été enregistré à Gillot-Aéroport à 10h28 le 15, soit à peu près au moment des rafales les plus fortes qui correspondaient au passage du mur sud de l’œil. Il faut remonter au cyclone COLINA (19 janvier 1993) pour avoir une valeur comparable (974,2 hPa).

Les minimums de pression ont été de 981,0 hPa à 11h13 au Port et de 987,5 hPa à 12h47 à Pierrefonds-Aéroport.

Pression mer minimale 3 stations de la Réunion (cyclone BELAL)

Pression minimale réduite au niveau de la mer sur 3 stations de la Réunion du 14 au 16 janvier 2024

Température

C’est un paramètre auquel on ne pense pas forcément lorsqu’on évoque un cyclone, mais les températures enregistrées lors du passage de BELAL ont été remarquables :

  • +34,9°C à 17h01 à Gillot-Aéroport. C’est la 2ème valeur la plus élevée tous mois confondus (record de +35,2°C le 28/01/1993). L’heure à laquelle intervient ce maximum, en fin d’après-midi, est absolument inhabituelle.
  • +32,1°C à 19h18 au Colosse (Saint-André),
  • +31,4°C à 16h11 à Gros-Piton Sainte-Rose,
  • et seulement : +29,0°C à 12h33 au Port, +27,8°C à 12h11 à Pointe des Trois-Bassins, +26,8°C à 18h05 à Pierrefonds-Aéroport, +19,1°C à 15h21 à Plaine-des-Cafres.

A Gillot-Aéroport, on enregistrait déjà +28,4°C à 11h23, +30,9°C à 12h36, +32,0°C à 14h33, et enfin +34,9°C à 17h01 et 17h07 ! Au moment de ce maximum de température, le ciel était couvert et l’humidité relative de 45%. Avec des rafales d’ouest-nord-ouest de l’ordre de 100 km/h qui contournaient le relief, c’est un peu comme si un sèche-cheveux géant soufflait sur la côte nord.

En comparaison, au Port alors non protégé par le relief par vent de sud-ouest, la température maximale de la journée a été de 29,0°C seulement avec un minimum d’humidité de 70 % au même moment. Donc rien de comparable à Gillot-Aéroport.

On retiendra que le passage du cyclone tropical BELAL à la Réunion a été tout à fait remarquable à plus d’un titre :

  • 1er cyclone depuis COLINA en 1993 à frapper directement l’île (passage de l’œil sur l’île),
  • 1er cyclone depuis DINA en 2002 avec des vents cycloniques (≥ 150 km/h) touchant la majeure partie de l’île,
  • 1er cyclone depuis GAMEDE en 2007 avec une hauteur maximale de houle cyclonique dépassant 11,5 m,
  • Cumul de pluie moyenné sur l’île > 500 mm.
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michel
21 jours il y a

magnifique résumé, bravo Zinfos, enfin des infos vraiment intéressantes, les autres sites ne le font pas !

Mordicant
Répondre à  michel
21 jours il y a

Bravo Météo-France pour la qualité et la clarté de cet exposé.

Roger
Répondre à  michel
21 jours il y a

Zinfos ne fait que publier un travail fait par Météo-France

Talie
21 jours il y a

Merci pour cet article très bien écrit et très concis.

David2
21 jours il y a

Presque parfait, l’article aurait été meilleur avec les nombreuses publications issues des assureurs concernant le coût total estimé des dégâts plaçant Belal comme le deuxième plus coûteux (100 millions d’€) après l’intense Dina (169 millions d’€) qui heureusement n’est pas passé directement sur nous malgré ses records de vents enregistrés en 2002, https://www.argusdelassurance.com/green-assurance/belal-deuxieme-cyclone-le-plus-couteux-a-ce-jour-pour-la-reunion.230175

Mol
21 jours il y a

Article très détaillé sur ce phénomène qui nous est arrivé dessus.

Merci pour ces infos précieuses!

DOGUS
21 jours il y a

Historique ? plutôt sur la forme (trajectoire) mais rien d’historique concernant les vents de même que les pluies. Faut il rappeler que celles de la nuit du 28/01 dans le sud ont été incomparablement supérieures sur 12 heures comme sur plus courtes durées à celles de BELAL. Gare aux superlatifs ! On attend maintenant l’analyse de VIGICRUES.

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