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L’Afrique bientôt au chevet de l’Europe

Ecrit par zinfos974 – le dimanche 22 août 2010 à 16H11

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Les récents coups de politique "marketing" sarkozyenne sur la déchéance de nationalité et le retour aux frontières des Romanichels - qui est un problème migratoire strictement intra-européen -, nous rappellent qu’il faut revoir la politique migratoire extra-européenne.

L’Espace Schengen, avec ses camps d’attente, véritables forteresses, et ses frontières quasi-infranchissables, est une entreprise de mise à l’écart des non ressortissants européens. En France, le solde migratoire est positif, en 2006, de 93.000 habitants, soit 1,5 pour mille, c’est la plus faible proportion au sein des pays de l’Union, on ne le dit pas assez.

Les démographes nous serinent chaque jour le vieillissement de la population européenne : les plus de 60 ans représentent 18% de la population; en 1950, on comptait en France 200 centenaires, ils seront plus de 150000 en 2050. Avec ce vieillissement, c’est une augmentation du nombre de handicaps, cancers, Alzheimer que nous aurons à soigner. La population active passera de 57 à 45 %, sans compter la désaffection croissante des métiers d’aide à la personne (médecins, infirmières, aides-soignantes), difficiles, mal rémunérés, de moins en moins considérés. La moyenne d’âge des infirmières est entre 41 et 45 ans traduisant cette désaffection. Une solution serait de rendre ces métiers attirants, à l’instar de ce que l’on a pu faire naguère pour les égoutiers de Paris. Au Royaume-Uni, 8 % des infirmières sont d’origine étrangère (Philippines, Inde, Australie, Afrique du Sud, Malawi) alors que 25 % des infirmières ont plus de 50 ans. Ces infirmières  étrangères sont-elles aussi bien rémunérées que leur homologues britanniques ?

En réalité, au Malawi justement, un poste d’infirmière sur deux n’est pas pourvu, là où l’épidémie de VIH/SIDA fait rage. Au Libéria, 81% des infirmières formées s’expatrient chaque année. L’Afrique compte 25 % de la population mondiale des malades, et seulement 1,3 % de la population des soignants, par manque de structures financières et par désorganisation administrative. L’argent des expatriés, retourné au pays, ne suffit pas à compenser les pertes en cerveaux qui émigrent.

En Europe, l’OCDE recommande, devant la chute de natalité (même en France où elle ne suffit pas au renouvellement des générations), une politique migratoire contrôlée, dans une logique capitaliste. C’est une courte vue politique, électoraliste, de faire du ministère de l’immigration et de l’identité nationale un ministère de l’émigration, ministère de l’inutile.

La population chutera de 3,5 millions en Europe d’ici 2050, et un habitant sur neuf aura plus de 80 ans : il y a déjà une forte demande de migrants. Dans le même temps, malgré le VIH, la population africaine sera passée de 1 à 2 milliards d’habitants. Ceci entraînera une pression sur les économies locales. Il nous faut envisager différemment notre politique migratoire, qui, sans dépouiller l’Afrique de ses cerveaux, doit autoriser celle-ci à venir soigner notre vieillissante population européenne. Ce ne serait qu’un juste retour de manivelle de l’Histoire.

Dr Bruno Bourgeon
Porte-parole des Verts-Réunion, groupe Nord-Est
Membre d’Europe-Ecologie

 

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