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L’accès libre et gratuit au volcan exige du civisme, préviennent les autorités

Ecrit par Prisca Bigot – le mardi 20 janvier 2026 à 18H20

Les autorités ont tenu à faire un point sur le dispositif et les mesures prises pour faire face à la forte affluence de spectateurs lors de l’éruption du Piton de la Fournaise. Le volcan n’a, en effet, sans doute pas dit son dernier mot.

L’accès libre et gratuit au volcan implique de faire preuve de civisme : c’est le message que les autorités ont souhaité faire passer après la crise qui s’est produite dimanche soir, à l’annonce de l’entrée en éruption du Piton de la Fournaise. Une affluence "exceptionnelle", a qualifié le sous-préfet de l’arrondissement de Saint-Pierre, Jean-Paul Normand, ce mardi lors d’un point presse.

Lire aussi : “S’il y avait eu un problème plus grave, comment auraient fait les secours pour monter ?” : pourquoi chaque réveil du volcan vire au casse-tête sécuritaire

Selon les chiffres de la préfecture, plus de 3 500 véhicules ont été comptabilisés sur zone, soit plus de 730 véhicules par heure, alors que les capacités de stationnement sont limitées à 550 à 600 places entre le parking Foc Foc et celui du Pas de Bellecombe. Conséquence : des embouteillages monstres, des personnes contraintes de dormir dans leur voiture, et un accès aux secours rendu impossible sur le site durant de longues heures.

"Une mobilisation au maximum de nos moyens"

C’est donc un appel à la vigilance qui est lancé par les autorités, qui affirment que les moyens ont été déployés pour assurer la sécurité. "Une mobilisation au maximum de nos moyens, avec 35 personnes par jour, 24h/24, avec le concours des réservistes et de la brigade motorisée (BMO)", a souligné le capitaine Nicolas Barsacq, adjoint au commandement de la gendarmerie de Saint-Pierre.

Si, lors du premier soir de l’éruption, les forces de l’ordre ont tenté de "faire de la prévention", hier soir, des véhicules mal garés ont été verbalisés.

De son côté, le maire du Tampon, Patrice Thien Ah Koon, a énuméré les moyens logistiques mis en œuvre — barrières de sécurité, toilettes chimiques, ramassage des déchets — dans le cadre de la convention passée avec la mairie de Sainte-Rose, puisque le Pas de Bellecombe-Jacob se situe en réalité sur le territoire de la commune de l’Est. Les effectifs de la police municipale ont également participé à la régulation de la circulation.

Des solutions à l’étude, mais aucune évidence

En vain, diraient les automobilistes restés coincés durant des heures dans les embouteillages dimanche soir, alors qu’à chaque éruption se pose le problème de l’afflux massif de spectateurs. "L’autre solution serait d’interdire l’accès, mais avec pour conséquence le ressenti de la population", semble craindre le sous-préfet de Saint-Pierre.

Autre possibilité évoquée pour tenter de réduire la forte affluence lors des éruptions : la régulation du trafic au fur et à mesure que les places se libèrent, l’accès payant, l’accès libre mais sous réservation, ou encore la mise en place de navettes. Reste à savoir : "Qui organise ? À quelle fréquence ? Avec des droits exclusifs ? Des navettes payantes ?", pose d’emblée les limites de cette dernière proposition le sous-préfet.

Une réflexion attendue dans le cadre du plan Orsec Volcan

Un dispositif de navettes avait déjà été mis en place il y a une quinzaine d’années, se souvient le lieutenant-colonel Henri Pothin, sous-directeur territorial du SDIS. "Ça marchait bien au début. Les navettes montaient pleines mais redescendaient à vide. Puis aussi, quand le temps virait, tout le monde voulait descendre en même temps. Il y avait eu des rixes pour monter en premier."

Lire aussi : Piton de la Fournaise : plus de 50 verbalisations face au stationnement anarchique

Pour le sous-préfet, la solution — qui ne pourra pas se faire sans compromis — devra faire l’objet d’une réflexion lors de la révision du plan Orsec Volcan cette année. La difficulté réside "dans des habitudes difficiles à encadrer", alors que pour Patrice Thien Ah Koon, le volcan est devenu "une attraction grand public", ce qui impose de trouver de nouveaux modes de gestion.

Un volcan qui pourrait ne pas en avoir fini

En effet, le volcan ne s’est peut-être pas rendormi pour longtemps. L’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise attend que la crise sismique s’arrête pour déclarer officiellement la fin de la première éruption de ce nouveau cycle. Environ 300 séismes par jour sont encore enregistrés sous la zone sommitale, indiquant que le système d’alimentation superficiel du volcan reste sous pression. "Il peut ainsi soit y avoir une reprise de l’activité, soit de nouvelles fissures, soit un arrêt et une reprise dans quelques mois", liste les possibilités Aline Peltier, directrice de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise.

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