La littérature jeunesse réunionnaise existe, mais elles ne l’ont pas compris.

Avant d’exprimer à nouveau une indignation pour le moins légitime, je voudrais préciser que l’immense majorité des responsables des C.D.I (centre de documentation et d’information) qu’ils soient créoles, métropolitains ou autre, qu’importe, sont des gens biens, responsables, ouverts, attentionnés et conscients de leur action pédagogique.
Mais dans toute histoire, il y a souvent un "mais". Nous découvrons des fées Carabosse qui viennent mettre le chaos dans ce qui devrait être limpide...l'intérêt de nos enfants.
Depuis quelques années, un groupuscule de membres d’une association à notre avis de malfaisance contre la littérature jeunesse locale...citons l’association "ABDEN" s'acharne avec le pouvoir que représente leur soi-disant "label" hébergements et plus. Nos auteurs Rénnionnais sont quasiment tous occultés. Qu'ils soient créoles ou métopolitains, ils ne sont pas des goyaves de France.
Pour exemple,
il suffit d’aller sur le site de l’ABDEN (association des enseignants de documentalistes-bibliothécaires de l’Education Nationale) ; vous verrez ces douze élus, à l’heureuse exception de notre admirable Isabelle Hoarau qui fut retenue, 1 local pour 12 extérieurs ! Ce serait à mourir de...rire, ou de se révolter de voir à quel niveau le mépris de ces gens est grand à l’encontre de notre littérature locale.
Le plus grave étant l’habitude des anciens pouvoirs de l’ancienne Région (rappelons-nous des méfaits de l’époque de la MCUR) ou de l’Etat sous la férule Sarkozienne, à leur être favorable.
Bref, les locaux, chez ces gens-là, servent à être des pots de fleurs (et encore, même les fleurs sont mieux loties car les jardiniers s’en occupent avec amour).
Nous nous attendions à y voir Joëlle Ecormier pour la moins prolixe (il est probable qu’elles l’aient programmés, mais c’est quand même insuffisant), le talentueux Abbass Mulla, la dynamique et pétillante Dominique Dambreville, l’ornithologue Stéphanie Dalleau-Couderc, Koline et Huguette Payet la conteuse du sucre et du riz, l’illustratrice Anna Bay, Marie Claude Mallin avec son terrible Crabek, Marie Renette Tacite-Agénor avec ses contes créoles, Pierre Plantey d’Avajan avec sa légende du roi Phénix, Andrée Denise Désirée avec son fabuleux Z’Antoine et le dragon volcan, les chansons douces et chansons tristes de Claude Mignard Moy de La Croix, Anita Lajoinie et le trésor de Germain, les poèmes à colorier de Madeleine Malet, les fables de la Fontaine de Jacqueline Gaudens ou de Claire Bosse, le Noël de Noël de Charles Emmanuel Manson, Adrien il y eut un matin de Philippe Pelen, le conte historique de Frédéric Payet ou la merveilleuse Suzy Gasp avec ses "Oeufs de Noël"... et bien d’autres, qu’ils me pardonnent de ne pouvoir tous les citer.
Eh bien non, chez ses gens-là, les ouvrages jeunesse de La Réunion n’existent pas.
Pour preuve, ce fut le ricanement d’une arrogance sans pareil, de la responsable du CDI du lycée Lepervenche du Port, qui dit à notre représentant : je préfère privilégier pour l’instant l’achat des livres des auteurs (de métropole) qui seront présents au salon du livre (sic !), cela signifiant :
"Rampez clampins, nous avons le pouvoir, vous devez courber l’échine car tel est notre bon vouloir !"
Tout cela manque de tact, de dignité, de professionnalisme, d’amour tout simplement ; et nous espérons que les collectivités locales et que le nouveau gouvernement tiendront compte de ce solennel avertissement. Celui de cette même dignité qui nous oblige à réagir pour le bien du plus grand nombre, pour que ne meurent pas, les histoires Ti Jean, Grand-Mère Kalle...Nous vivons effectivement le syndrome de la dissolution, même si elle est à destination de notre jeunesse. Notre République des lettres, ne pourra jamais l’accepter. Debout, citoyens écrivains ! Dites à tous ces tristes sires que la valeur clef est celle du respect ! Aucune Région de France digne de ce nom n’a reçu un tel outrage. Mesdames de l’ABDEN, sachez que nous n’avons cure de votre mépris.
En espérant qu’un jour l’argent public servira à des actions plus utiles.
Apprenez à aimer les œuvres de notre petit pays avant de vouloir nous imposer un formatage sans goût et sans saveur...et découvrez les œuvres du pays qui vous a fait le grand honneur, un jour, celui de vous accueillir.
Christian Vittori
Le 02 mai 2012


