La langue créole fait son entrée en grande pompe à Saint-Pierre

Garantir la possibilité de parler créole avec les agents des services communaux, des panneaux traduits, des répondeurs bilingues, ou encore des mariages dans la langue kozé des Réunionnais, c’est l’engagement qu’a pris la ville de Saint-Pierre au travers de la signature d’une convention avec l’Offis la langue Kréole. Ce texte sera validé lors du prochain conseil municipal.
Fonnkèr, maloya et chansons, les artistes se sont succédé dans la salle du conseil municipal de Saint-Pierre ce vendredi 30 mai. Au cœur de cette célébration de la culture réunionnaise, la star de la soirée était bien le créole. « 85 % des Réunionnais interrogés reconnaissent le créole comme une langue à part. C’est une proportion en augmentation depuis les premiers sondages en 2009. Cette langue est le symbole de l’histoire du peuplement de l’île et non pas un français déformé comme on l’entend trop souvent. Le créole a une culture orale riche, mais aussi, de plus en plus, une culture écrite. Si on écrit en créole depuis les années 1820, il faut souligner la qualité des textes que nous avons depuis une trentaine d’années. C’est une littérature de niveau mondial », souligne Axel Gauvin, le président de l’Offis la langue Kréole.
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"Dans cette mairie, nou va koz kréol"
L’association propose ainsi 22 mesures à la ville. « Que ce soit avec l’accueil du public en créole ou des cérémonies de mariage, le créole doit prendre toute sa place. Nos propositions sont toutes légales, ne coûtent pas cher et vont se faire sans bataille. Rien n’est révolutionnaire dans cette charte », poursuit Axel Gauvin.
« Mon propre père avait honte de parler créole ; souvent, il me demandait de parler pour lui. Aujourd’hui, plus personne ne doit avoir honte de parler créole », témoigne David Lorion, le maire de la capitale du Sud. Pour l’édile, cette décision doit renforcer l’accès aux services publics, en plus d’un « devoir de mémoire » pour l’histoire du créole. « Nou va tou faire pou laisse les gens s’exprimer. Cette langue lé essentielle aux Réunionnais », poursuit le maire.
Désormais, cette convention doit encore être adoptée par le prochain conseil municipal. « Cela sera ensuite à la ville de décider quelles mesures elle souhaite appliquer », précise Axel Gauvin.
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