Revenir à la rubrique : Société

La laïcité et la spiritualité s'invitent à l'ancien hôtel de ville...

C'est dans le cadre de la journée nationale de la laïcité, que s'est tenu un colloque sur ce même thème à l'ancien hôtel de ville de Saint-Denis. Organisé par plusieurs associations dont l'ordre du Grand Orient de France, ce débat n'a pas manqué de susciter l'intérêt.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 10 décembre 2008 à 09H28

La laïcité et la spiritualité se sont donc invités à l'ancien hôtel de ville hier en début de soirée. Durant près de trois heures, les intervenants de divers horizons se sont succédés à la table des débats sur l'épineuse question de la laïcité. Parfois captivantes et animées, les prestations n'ont pas manqué de teneur. Organisé par six associations (Ligue de l'enseignement, Ligue des droits de l'homme, Fédération française du droit humain, l'Union des familles laïques, Libre pensée, l'ordre du Grand Orient de France), le colloque a suivi un développement en trois thèmes sous l'égide de Christian Jadaut :

1. Laïcité et histoire
2. Spiritualité
3. Vivre ensemble

Ouvert par Gilbert Annette, le colloque laissait présager deux interrogations : Allait-on se pencher sur l'histoire de la laïcité dont on sait qu'elle ne remonte pas à 1905 ou allait-on plutôt vers le débat houleux de la laïcité à l'école ?

C'est Maxime Rivière, ancien conseiller de l'Ordre du Grand Orient de France, qui a pris en premier la parole. Son intervention n'a pas manqué d'originalité. C'est en effet à travers un rêve qu'il a expliqué la laïcité à la Réunion et son histoire. Volontiers provocateur afin de créer des réactions, il voulait faire passer un message : "Pour que le droit à la différence ne sombre pas à la différence des droits". Rappelant ce qu'est la laïcité, ou ce qu'elle ne doit pas être, par le procédé historique, son exposé a ainsi posé les fondations du débat avec une touche quelque peu poétique.
Bien plus technique était l'intervention de Bernard Jolibert de la Ligue de l'enseignement et de la Fédération des œuvres laïques. Revenant sur la loi du 15 mars 2004, relative au port des signes ostensibles à l'école, il a peut être été trop dans le détail pour le public. Toutefois, son angle juridique n'a pas manqué d'enrichir le débat sur le concept de laïcité dont on sait qu'il est français à part entière.
Dans le second développement de ce colloque, c'est la spiritualité qui s'est imposée. Pour Hélène Vergniet, "le 21ème siècle sera spirituel ou ne le sera pas"... Pour l'ancienne conseillère nationale du droit humain, la désaffection actuelle de la population pour les religions est le résultat "d'une spiritualité imposée". Elle va même plus loin : "personne ne peut s'adjuger le monopole de la spiritualité".
Calme, posée et sereine, son intervention a été l'une des plus appréciées. Ce n'est d'ailleurs pas son successeur, le père Arul Varapra Sadam qui l'a démenti. Complétant ce second thème, le représentant du groupement inter-religieux s'est penché sur l'identité métissée et "mosaïque" des pratiques religieuses locales. Pour ce prêtre, "l'unité plurielle de la Réunion est exemplaire" et mérite d'être étendue...
Enfin, le dernier acte "Vivre ensemble" semblait plus orienté politiquement. Se sont succédés Hubert Hervet de l'Union des familles laïques, Jean-Louis Ruault de la Libre pensée et M. Candassamy (Ligue des droits de l'homme) dont l'exposé a fidèlement rappelé les combats passés pour la liberté de l'homme à la Réunion. Des noms comme Simon Lucas ou Raymond Vergès ont ainsi cités.
A la question "Pensez-vous qu'il puisse y avoir plusieurs laïcités? Une laïcité en métropole et une laïcité à la Réunion?", nous avons obtenu plusieurs réponses. Pour Christian Jadaut et Maxime Rivière, il n'y a qu'une laïcité universelle qui prévaut. Ce n'est pourtant pas l'opinion du père Arul. Pour lui, la Réunion présente une facette plurielle qu'il convient de ne pas écarter du débat.
Au final, on peut tout de même regretter que la partie réservée aux interventions des spectateurs n'ait pas été plus longue. Souvent rattrapé par le temps, le débat n'a pu s'imposer qu'en fin de soirée. Tous se sont quand même félicités de la tenue de ce colloque. Un colloque qui prend toute sa dimension quand on sait que rarissimes sont les occasions officielles où les religions acceptent de dialoguer avec le Grand Orient de France...
Il ne manquait donc plus que l'évêque...

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :