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La juge fait une erreur qui prouve les mensonges du prévenu, il est quand même relaxé

Un Saint-Louisien est passé devant le tribunal pour conduite sans permis, sans assurance et avec un fort taux d’alcoolémie. Malgré de nombreuses incohérences dans ses explications, il a été relaxé des faits faute de preuves matérielles.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le lundi 31 janvier 2022 à 18H32

Dire que Cédric* a un problème avec l’alcool est un doux euphémisme. Âgé de 27 ans, il boit 3 à 4 bouteilles de whisky par jour depuis près de 10 ans. Un alcoolisme grave même si sa mère pense qu’il "peut arrêter quand il veut".

Samedi dernier, il est 3h du matin quand les gendarmes le voient à L’Étang-Salé. Il sort d’une voiture et semble fortement alcoolisé. Il ressemble à un individu qu’ils ont aperçu deux heures avant à Saint-Louis. Les militaires procèdent à un contrôle d’alcoolémie qui révélera un taux de 1,17mg/l d’air expiré. De plus, il n’a pas de permis de conduire.

Lors de sa garde à vue, il affirme qu’il ne conduisait pas le véhicule. Il était uniquement dans la voiture pour écouter de la musique. Une version qu’il maintient à la barre. Le prévenu possède un casier judiciaire bien chargé et semble connaître la musique. Il va même se permettre de reprendre parfois les magistrats sur certaines qualifications.

Pourtant, il n’a jamais repris la juge lorsqu’elle a commencé à retracer les faits en inversant les lieux. Cédric va donc expliquer qu’il était dans le quartier de la Palissade à Saint-Louis devant l’immeuble du copain de sa mère. Réalisant son erreur, la présidente du tribunal va en profiter pour le mettre devant ses contradictions. Il va ensuite expliquer avec aplomb que son beau-père vit à L’Étang-Salé et pas à Saint-Louis.

"Je ne sais pas conduire, je n’ai pas le permis"

Parmi ses 12 mentions, plusieurs concernent des faits de délits routiers puisqu’il n’a jamais eu le permis. Il affirme que sa dernière condamnation de 2020 pour ces faits "n’étaient pas en voiture, je ne sais pas conduire, je n’ai pas le permis. C’était en moto, enfin en scooter". Un mensonge qui a fait réagir la procureure Caroline Calbo qui lui rappelle que le deux-roues en question était une moto de 250 centimètres cube, nécessitant donc le permis.

"À force de dire des choses contradictoires, on ne sait plus quoi croire avec vous", se désespère la juge. Un désarroi que partage la parquetière qui reconnaît que la difficulté de ce dossier est de prouver qu’il conduisait le véhicule. En raison de ses multiples récidives, elle requiert une peine d’un an de prison, dont six mois avec sursis et une obligation de soins pour l’alcool.

Dès l’entame de sa plaidoirie, Me Sameïdha Mardaye se montre offensive en estimant que les "réquisitions sont un peu bancales et ne vont pas dans le sens de cette infraction". Elle rappelle que "la matérialité des faits n’existe pas dans ce dossier" et ajoute que les gendarmes, qui intervenaient pour tapage nocturne, n’ont pas auditionné les témoins présents pour vérifier les propos du prévenu. Ils n’ont pas non plus relevé le nom de l’individu croisé 2h plus tôt à Saint-Louis et ne peuvent donc pas prouver que c’était Cédric.

Des arguments qui ont fait mouche puisque Cédric est relaxé des faits qui lui sont reprochés.

*Prénom d’emprunt

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