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La FRBTP demande une exonération de charges sociales pour un trimestre pour limiter les surcoûts liés à la covid

Durement touché par la crise de la covid, le secteur du BTP attend toujours des concrétisations de la part de l'Etat après l'annonce du Plan de relance à 100 milliards d'euros. Localement, la Fédération réunionnaise du bâtiment et des travaux publics attend notamment de ce dernier la prise en charge des surcoûts liés à l'épidémie en matière de marchés privés, qu'il se positionne sur la problématique de l'approvisionnement des matériaux pour l'ensemble du secteur ou sur les avancées du Plan Logement Outremer 2019-2022. D'où la rencontre ce matin entre le préfet Jacques Billant et le président de la FRBTP, Anthony Lebon.

Ecrit par – le mardi 15 septembre 2020 à 18H14

Alors que le secteur du BTP se remet petit à petit du choc provoqué par le coronavirus, le climat général reste malgré tout morose. « On est sur des marges qui sont très faibles, des relations entre maîtres d’ouvrage et entreprises qui sont très tendues, les délais de paiement sont encore très longs et on a une année qui va être négative pour une grande majorité des entreprises ».

Un climat peu propice aux projections les plus optimistes mais Anthony Lebon garde tout de même espoir sur un retour rapide de l’activité d’avant-crise. « Notre objectif est de remonter à 25 000 emplois dans le BTP, soit 10% de la population active. Nous ferons tout pour garder le cap et c’est pour cela que nous demandons à l’ensemble des acteurs de prendre en compte les difficultés du secteur aujourd’hui, le plus mis à mal par rapport à d’autres branches d’activité ».  

De cette réunion avec le préfet, Anthony Lebon en est ressorti « satisfait ». « On partage la situation et les enjeux, mais aussi les démarches et les actions à mettre en oeuvre. On sent qu’il y une sensibilisation de tous les acteurs qui est en train de s’opérer », salue le chef d’entreprise.  

« Nous avons pu co-construire le cadre d’adaptation du Plan France Relance car de nombreuses mesures présentes dans ce dispositif sont dédiées à la réhabilitation et à la transition énergétique même si le neuf n’est pas tellement mis en avant dans ce plan, mais le sera dans le Plan Logement Outremer », déclare le président de la FRBTP.

Comportant 77 mesures, ce [Plan Logement Outremer]urlblank:https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/plan-logement-outre-mer-2019-2022 constitue la feuille de route de l’Etat, de ses opérateurs et de ses partenaires pour dessiner et redynamiser la politique du logement en Outre-mer selon les spécificités de chaque territoire d’ici à 2022.

« S’il faut encore absorber une hausse de matériaux ce n’est pas viable »

S’il reste encore du travail à faire pour la finalisation du Plan Logement Outremer, qui est en « bonne voie« , Anthony Lebon attend beaucoup des deux dispositifs pour la relance du secteur. « On imagine, en étant positif, que les fruits des efforts de l’ensemble des acteurs seront visibles à compter de mi-2021, pour une reprise quasi-normale de l’activité », espère le président de la FRBTP.

La question de l’approvisionnement en matériaux pour les entreprises du secteur, que ce soit pour la NRL ou d’autres chantiers de moindre ampleur, a également été abordée lors de sa rencontre avec le préfet. « Ce n’est plus une inquiétude aujourd’hui mais un état de fait », signale-t-il. Un manque de matériaux surtout marqué dans le Nord et dans le Nord-Ouest de l’île. « Les matériaux qui seront acheminés dans ces secteurs vont coûter plus cher, le béton prêt à l’emploi va coûter plus cher et in fine la construction va coûter plus cher », craint Anthony Lebon si rien n’est fait localement pour fournir les entreprises du secteur en matériaux de construction. « Plusieurs scénarios ont été abordés avec le préfet, sachant qu’une carrière ça met entre 8 à 12 ans avant d’être pouvoir exploitable. Clairement dans cinq ans, nous serons encore dans cette situation et cela va se traduire par une augmentation des coûts de construction. C’est aujourd’hui qu’il faut en prendre conscience, pour qu’il n’y ait pas de programmations qui soient faites dans les prochaines années avec des opérations sous-estimées », insiste-t-il.

Comme l’a rappelé Anthony Lebon, les entreprises locales du BTP ont déjà subi à la mi-2019 une hausse du prix du béton estimée entre 10 et 20 euros le m3. « En fin d’année, on sera sûrement à 25 euros le m3 en plus et cela prendra peut-être 10 voire 15 euros d’augmentation tous les ans. On va arriver à un non-sens en termes de coût de matériaux et de construction », prévient le patron du BTP dans l’île.  

Pour un « réel partage des coûts »

Selon l’Insee, en 2017, les entreprises du BTP affichaient une marge générale d’environ 5%, alors que les entreprises issues d’autres secteurs d’activité voyaient ce chiffre franchir la barre des 20%. « S’il faut encore absorber une hausse de matériaux ce n’est pas viable », peste-t-il.

En attendant un retour à la normale de l’activité attendue en milieu d’année prochaine, les entreprises auront encore à absorber les coûts des arrêts de chantiers et les surcoûts liés à la covid. À ce titre, la FRBTP a appelé à un nouvel arbitrage des différents donneurs d’ordre et maîtres d’ouvrage, sans oublier la participation du préfet, pour un « réel partage des coûts ». « Aujourd’hui ce n’est pas le cas et contrairement à d’autres territoires ultramarins, nous sommes les seuls à porter ces surcoûts à l’heure actuelle », regrette Anthony Lebon.

Suite à son entretien avec le préfet, le président de la FRBTP se rendra dans les prochains jours à Paris pour demander une demande d’arbitrage pour une exonération des charges sociales, « sur au moins un trimestre », pour que les entreprises du secteur à La Réunion « fassent le lien avec l’activité qui va revenir ».

 

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