La France commémore aujourd’hui l’abolition de l’esclavage, mais pas La Réunion

C’est une Réunionnaise qui préside depuis février 2008 le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage. Françoise Vergès avait été nommée avec le soutien de Jacques Chirac à l’époque, en remplacement de Maryse Condé.
Ce Comité souhaité par l’ancien président de la République, a été créé à la suite de plusieurs années d’études et de recherches. Le rapport a été publié en 2005. C’est au moment de la conclusion des travaux qu’une polémique a eu lieu sur la date à retenir pour la commémoration de l’abolition de l’esclavage.
Si l’on se réfère à l’histoire, la date officielle aurait dû être le 27 avril 1848, car c’est à cette date que le gouvernement provisoire de la IIe République signe le décret définitif d’abolition, défendu par Victor Schoelcher, sous-secrétaire d’Etat chargé des Affaires coloniales.
Ce décret mettra tout de même huit mois avant d’être appliqué à La Réunion. C’est Joseph Napoléon Sébastien Sarda Garriga, commissaire du gouvernement de la Républiqué, arrivé dans l’île le 13 octobre 1848, qui promulgue le décret dans un calme apparent. C’était le 20 décembre 1848.
Ce 20 décembre 1848 est gravé dans l’histoire de La Réunion et dans la mémoire collective. La “fèt kaf” devenu la fête des Réunionnais est aujourd’hui indélébile dans l’esprit et le cœur de tous ceux qui sont nés ou ont choisi de vivre dans l’île.
C’est ce qui explique sans doute que la commémoration de l’abolition de l’esclavage dans l’Hexagone laisse insensible une grande majorité de Réunionnais.


