Karine Lebon interpelle le gouvernement sur la "gestion catastrophique" du chikungunya

Alors que l’épidémie de chikungunya continue de frapper durement La Réunion, les critiques se multiplient contre l’État, accusé d’impréparation et de sous-estimation de la crise. Dans une prise de parole à l'Assemblée, Karine Lebon s’est adressée au ministre de la Santé pour dénoncer l’inaction et exiger des mesures fortes.
« La Réunion avait confiance. Nous avions confiance ». C’est avec ces mots que commence l’intervention de la députée Karine Lebon à l'Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouverement ce mercredi 30 avril.
Vingt ans après la première épidémie de chikungunya à La Réunion, plus de 100 000 personnes ont été infectées, selon les chiffres de l’ARS. Certaines souffrent déjà de douleurs chroniques, et un drame humain bouleverse l’île : un nourrisson est mort des suites du virus la semaine dernière.
Pour la députée de la 2ème circonscription, ce décès symbolise l’échec de la prévention. « Depuis huit mois, nous alertons sur les risques », insiste-t-elle alors que le récent arrêt de la vaccination pour les personnes de plus de 65 ans — à la suite d’un premier décès — ne fait qu’accroître la défiance envers les autorités sanitaires.
« Comment encore croire les autorités alors que l’ARS nous avait juré que le vaccin était sans risque ? », interroge la députée. Karine Lebon juge ainsi la réponse de l’État insuffisante, malgré l’annonce de renforts : 140 militaires, 800 contrats PEC (Parcours Emploi Compétences), et 200 agents de l’ARS. « Ce n’est toujours pas suffisant », affirme-t-elle.
« Cette crise a été mal gérée. Cette épidémie a été sous-estimée. Les Réunionnais ont été abandonnés », conclut la députée, dénonçant une gestion « indigne » de la gravité de la situation.
Et de résumer avec amertume : « En 2022, nous avions le choix entre la peste et le choléra. Aujourd’hui, il ne nous reste que le chikungunya. »


