Revenir à la rubrique : Santé | Société

Journée mondiale de lutte contre l’AVC : prévenir, reconnaître et réagir sans attendre

Ecrit par Gaetan Dumuids – le mercredi 29 octobre 2025 à 07H05

Chaque année, plus de 120 000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral en France. À l’occasion de la Journée mondiale ce 29 octobre, les autorités sanitaires rappellent qu’il s’agit d’une urgence médicale absolue dont la gravité dépend du temps de réaction. Reconnaître les symptômes et agir immédiatement permet souvent d’éviter des séquelles irréversibles.

La Journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC), organisée le 29 octobre, met chaque année en lumière une urgence médicale qui touche plus de 120 000 personnes en France. L’AVC est la première cause de handicap acquis chez l’adulte, la deuxième cause de démence et la troisième cause de mortalité, avec environ 30.000 décès recensés chaque année. Chez les femmes, il représente la première cause de mortalité, devant le cancer du sein.

Lire aussi : “L’AVC, tu ne t’en relèves jamais à 100 %” : le combat de Nadia pour retrouver une vie normale

Un AVC survient lorsqu’une partie du cerveau n’est plus correctement alimentée en sang. Les cellules nerveuses sont alors privées d’oxygène et commencent à mourir en quelques minutes. Les spécialistes estiment qu’en cas d’infarctus cérébral, près de deux millions de neurones sont détruits chaque minute, d’où l’importance d’une prise en charge immédiate.

L’AVC ischémique est le plus fréquent. Il représente environ 85 % des cas et se produit lorsqu’un caillot obstrue une artère cérébrale. L’AVC hémorragique, qui concerne environ 15 % des patients, résulte quant à lui de la rupture d’un vaisseau sanguin dans le cerveau. Hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol, troubles cardiaques et tabagisme figurent parmi les principaux facteurs de risque.

Des signaux à reconnaître rapidement

Pour améliorer les chances de survie et limiter les séquelles, il est essentiel d’identifier les symptômes dès leur apparition. Trois signes d’alerte doivent faire suspecter un AVC : un affaissement du visage, une faiblesse ou une paralysie d’un bras ou d’une jambe, et des troubles soudains de la parole. En présence d’un seul de ces symptômes, il faut contacter sans délai le 15 ou le 112.

D’autres signes peuvent également alerter, comme une perte soudaine de la vision, un mal de tête intense et inhabituel, une perte d’équilibre ou une confusion brutale. L’heure exacte d’apparition des symptômes doit être notée, car elle détermine les traitements qui peuvent être proposés.

Des traitements efficaces sous condition de rapidité

Lorsque l’AVC est ischémique, une thrombolyse, un traitement médicamenteux qui dissout le caillot, peut être administrée si elle débute dans les quatre heures et demie suivant les premiers symptômes. Dans certains cas, une thrombectomie mécanique permet de retirer le caillot par voie endovasculaire jusqu’à six heures après l’accident, voire jusqu’à vingt-quatre heures pour certains patients sélectionnés grâce à l’imagerie.

En cas d’AVC hémorragique, le traitement consiste à stabiliser la tension artérielle et à limiter l’extension du saignement. Une intervention chirurgicale peut être nécessaire selon la gravité de l’hémorragie. La rééducation débute ensuite en unité neurovasculaire, puis se poursuit en centre de réadaptation afin de restaurer le plus possible les fonctions motrices et cognitives.

Le “mini-AVC”, un avertissement à ne pas négliger

L’accident ischémique transitoire (AIT) se manifeste par les mêmes symptômes qu’un AVC, mais ceux-ci disparaissent rapidement, souvent en moins d’une heure. Ce phénomène doit être considéré comme un signal d’alarme. Un patient sur cinq ayant subi un AIT présente un AVC dans les semaines qui suivent, la moitié dans les quarante-huit premières heures. Même en cas de régression des symptômes, il est impératif d’appeler le 15 pour un examen en urgence.

Neuf AVC sur dix sont liés à des facteurs de risque modifiables. Une alimentation équilibrée, riche en fruits, légumes, poissons gras et pauvre en sel et en graisses saturées, réduit significativement le risque cardiovasculaire. La pratique régulière d’une activité physique, le contrôle de la tension artérielle, du diabète et du cholestérol, ainsi que l’arrêt du tabac sont les principaux moyens de prévention.

Une attention particulière doit être portée aux femmes, plus touchées que les hommes après 75 ans et parfois victimes de symptômes moins typiques. Les grossesses, la ménopause et la prise de traitements hormonaux figurent parmi les contextes à risque spécifique.

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :