Journée de la femme: La parole est à... Pascaline Chereau-Nemazine

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement politique ?
Je ne me destinais pas à la vie politique. Je suis d’une famille plus que modeste dans les hauts de St Paul (au Guillaume). Á l’époque des emplois-jeunes, j’ai monté avec d’autres jeunes de mon quartier une association, nous avons travaillé sur un projet pour obtenir des emplois. Au fil du temps, Huguette Bello nous a rendu visite. Elle m’a proposé de faire partie de l’UFR et d’être conseillère municipale. Je suis maintenant adjointe au Guillaume. Lors des élections cantonales, j’ai été encouragée à me présenter devant des citoyens. J’étais sereine parce que j’avais acquis une très bonne expérience en mairie depuis trois ans. Je connaissais les problèmes des Saint Paulois, Je me suis dit "qui ne tente rien n’a rien". J’ai été élue par 55% des voix face à Sandra Sinimalé. Mais je n’ai jamais "rêvé" de politique. J’aime travailler avec la population de St-Paul
Avez-vous l’impression que la place des femmes a évolué en politique à La Réunion ?
La place de la femme a évolué. Elle est aussi capable que l’homme. Elle a autant de courage et de conviction. Pourtant nous ne sommes que cinq femmes au conseil général et je n’arrive pas à expliquer la situation. La population connaît l’engagement des femmes sur le terrain. Les femmes ont la fibre politique, je ne comprends pas pourquoi nous ne sommes pas plus nombreuses. Peut-être parce que nous n’avons pas plus d’opportunités que les hommes.
Pensez-vous que les femmes font de la politique autrement ?
Je suis mère de famille. Je vis comme toutes les femmes une double journée, après mon travail, après mes obligations d’élus, je dois m’occuper de mes enfants ; notre sensibilité nous permet de mener différentes actions sur tous les fronts. De par ses multiples occupations, nous posons un regard « plus sensible » sur les dossiers. Á la mairie et au Conseil Général, je travaille avec deux femmes tout à fait différentes, elles ont chacune leur personnalité, leurs convictions. Mais en politique, il n’y a rien de mieux que l’écoute de la population.
Vous définiriez-vous comme féministe ?
Je me définis comme humaniste ; en travaillant sur la liste pour les élections municipales, je pense qu’Huguette Bello a remarqué aussi bien mes compétences dans le tissu associatif que le fait que je sois une femme.
Quand vous étiez enfant, vous aviez conscience d’un statut différent entre l’homme et la femme ?
Nous étions à 11 frères et sœurs à la maison, mon père est ouvrier agricole, ma mère femme au foyer. Á son époque, les femmes n’avaient pas le choix. Elles se mariaient, faisaient des enfants et s’en occupaient. J’ai eu de la chance d’avoir le choix. Et ce choix c’est grâce à la société dans laquelle nous évoluons. J’ai fait le choix d’être une femme libre, indépendante, pouvant travailler tout en m’occupant de mes enfants et aussi m’investir dans la vie associative. Ma mère est très courageuse. Parce qu’il y a eu des femmes comme elles avant que d’autres aujourd’hui peuvent vivre pleinement leur vie. Ce sont des femmes comme ma mère qui mérite des médailles, des prix, des encouragements. Alors pour la journée de la femme j’aurais une pensée pour toutes les femmes.
Est-ce que l’homoparentalité est une nouvelle forme de famille ?
La priorité dans notre société aujourd’hui, ce n’est pas l’homoparentalité, c’est le logement, l’emploi, la précarité des familles. J’entends le grondement de la rue, de notre jeunesse alors l’homoparentalité, c’est une question que je ne me suis pas posée.


