Journée de la femme: La parole est à... Danon Lutchemee-Odayen

Qu’est-ce qui a motivé votre engagement politique ?
Je suis l’ainée d’une fratrie de 7 enfants. Je suis engagée professionnellement dans le social depuis plus de 30 ans, il m’a semblé tout naturel de m’impliquer en politique et d’officialiser mes prises de positions. J’ai envie d’apporter mes compétences, mes connaissances et mon expérience à notre société qui me paraît actuellement quelque peu « bloquée » et « mal en point ». Gérer la vie de la cité de manière pragmatique et efficace pour le bien-être des citoyens est un projet altruiste qui me convient bien et qui correspond à mes valeurs. Je n’ai pas envie de voir mourir la Terre par la bêtise humaine car je suis convaincue qu’il n’est pas trop tard pour mettre des moyens durables en place pour la sauver.
Avez-vous l’impression que la place des femmes a évolué en politique à La Réunion ?
La femme a sa place dans la sphère politique, elle n’ose pas la prendre même si cette place n’a pas beaucoup évolué. En réunion politique, j’ai quelquefois l’impression qu’il n’y a que les prises de positions masculines comptent plus que celles des femmes, comme si la politique n’était qu’une affaire d’homme. Quand bien même plusieurs femmes sont au pouvoir chez nous j’ai le sentiment qu’il faut se battre pour énoncer et défendre une idée citoyenne quelle que soit sa teneur.
Pensez-vous que les femmes font de la politique autrement ?
La femme a une intelligence douée de sensibilité qui lui donne ce côté pragmatique pour anticiper plus vite les évènements et de ce fait elle peut agir avec bon sens et efficacité. Elle est capable de réagir aussi bien sur la vie économique, sanitaire et sociale et culturelle. Elle a une vision plus globale des problématiques et comprend mieux ses contours contrairement à certains hommes qui n’ont qu’une vision parcellaire des problèmes et ne pensent qu’au pouvoir comme finalité de leur vie. Comme la femme donne la vie, elle est dans la durée, elle aime accompagner les projets qu’elle met en place en vue de leur aboutissement. D’ailleurs elle allie sa vie privée avec sa vie politique. Elle continue à s’occuper de ses tâches éducatives et familiales tout en se consacrant aux tâches citoyennes, tout comme moi.
Vous définiriez-vous comme féministe ?
Si être féministe, c’est défendre la femme, sa vie et ses droits, alors je suis féministe. Mais je dirais aussi qu’une femme a besoin de tout un chacun pour vivre. « la femme est l’avenir de l’homme » comme dit la chanson de FERRAT, je ne souhaite pas m’opposer aux hommes mais je me battrai comme je l’ai toujours fait pour dire que je suis d’abord un être humain avec mes particularités féminines et j’aimerais qu’on les respecte jusqu’à la fin de mes jours.
Quand vous étiez enfant, vous aviez conscience d’un statut différent entre l’homme et la femme ?
Oui, j’ai toujours senti cette différence dès mon enfance et cela m’a toujours questionné et inquiété. En regardant ma famille et la société dans laquelle j’évoluais, je notais cette différence, qu’a priori, je ne comprenais pas. D’ailleurs je pense que souvent je copiais les comportements et jeux des garçons pour avoir la même place qu’eux. Fort heureusement en grandissant j’ai compris qu’il fallait que je sois moi-même et que ma féminité ne devait pas déranger les autres dans les actions que j’allais entreprendre aussi bien dans la sphère privée que publique.


