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Insuline injecté à leur enfant : la mère condamnée à 3 ans de prison ferme, le père acquitté

Ecrit par L.C – le jeudi 26 juin 2025 à 18H28
Photo d'illustration

La cour criminelle s'est penchée sur le cas de Marie Christelle et Alexandre, des parents soupçonnés d'avoir injecté de l'insuline à leur enfant. Après trois jours d'audience, la cour a condamné Marie Christelle à 5 ans de prison dont trois ferme avec mandat dépôt. Le père, Alexandre, a été acquitté.

Les faits remontent à 2018. Le dimanche 17 juin au Tampon, les secours sont alertés par un père de famille, Alexandre, qui sollicite l'intervention d'une équipe pour la prise en charge de leur enfant. En effet, il est atteint de convulsions généralisées. Les secours interviennent une demi-heure après le coup de fil.

Vers 8 heures, l'enfant est admis au CHU saint-pierrois et est victime de nouvelles crises de convulsions. Après examen des professionnels de santé, il est constaté que la victime affiche deux lésions au niveau de la cuisse, qui peuvent être assimilées à des piqûres. De l'insuline est aussi trouvée dans son corps.

Le médecin en conclut donc que l'enfant est victime d'une intoxication médicamenteuse dont la voie d'administration semble être des injections à sa jambe gauche.

Des signes préoccupants

Le lendemain, 18 juin 2018, le parquet décide de placer, par ordonnance de jugement, l'enfant d'à peine deux ans. En fouillant dans les antécédents de la famille, un courrier d'un médecin du CHU de Saint-Pierre ressort. Il relatait une scène de tension entre le père de l'enfant, Alexandre, et sa mère Marie Christelle. Cette dernière, dont l'état psychique et psychiatrique est fragile, avait à une époque souhaité que son compagnon ne s'approche plus de l'enfant.

En janvier 2018, Alexandre a prévenu les services sociaux du fait que Marie Christelle a confié l'enfant à une voisine, incapable de s'en occuper à cause de son état de santé.

Entre séparation et réconciliation, la vie du couple paraît précaire. Avant et après l'hospitalisation de l'enfant, deux autres événements sont notés par les enquêteurs : un premier dans lequel Marie Christelle aurait déclaré vouloir "balancer" l'enfant "contre un mur", et l'attitude d'Alexandre qui ne semblait pas préoccupé, ni nerveux concernant le sort de l'enfant.

Qui a administré la piqûre ?

C'est la grande interrogation de ce procès : qui d'Alexandre ou de Marie Christelle a administré les piqûres d'insuline ? Ce traitement, initialement destiné à la mère de famille à cause de son diabète, a bel et bien été injecté à l'enfant, qui garde aujourd'hui de grandes séquelles. Il est aveugle et lourdement handicapé. L'Association Réunionnaise d'Aide Juridique Aux Familles et Aux Victimes (Arajufa) représente ses intérêts devant la cour criminelle.

Les heures précédant l'hospitalisation du jeune garçon, Alexandre a remarqué son état, le jugeant anormal. Son état de santé n'a cessé de se dégrader, jusqu'au coup de fil aux secouristes. Face aux enquêteurs, les deux parents ne reconnaissent pas les faits reprochés.

A l'issue de ces trois jours d'audience, la cour criminelle a rendu son verdict : Alexandre a été acquitté et Marie Christelle condamnée à 5 ans d’emprisonnement dont 2 ans avec sursis probatoire et déchéance de l’autorité parentale.

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