Impôts à La Réunion : Solidaires Finances publiques dénonce une campagne "simplifiée, mais pas pour les usagers"

À La Réunion, Solidaires Finances publiques critique la campagne fiscale 2026, pointant une dématérialisation trop rapide et un manque de moyens humains.
Quelques jours après la conférence de presse de la direction régionale des Finances publiques, Solidaires Finances publiques a tenu à faire entendre une voix discordante. Pour le syndicat, la campagne de déclaration des revenus 2025, lancée début avril, est loin de tenir toutes ses promesses.
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"On parle d’une campagne simplifiée, mais pas forcément pour les usagers", résume Sandra Chane-Foc, représentante du syndicat à La Réunion. En cause : une dématérialisation jugée "à marche forcée", qui risque de laisser de côté une partie de la population, notamment les publics les plus fragiles.
Une dématérialisation qui creuse les inégalités pour le syndicat
Si la généralisation des démarches en ligne est présentée comme un progrès, le syndicat appelle à la vigilance. Tous les contribuables ne disposent pas des mêmes outils ni des mêmes compétences pour effectuer leurs démarches en ligne.
"Certains publics n’ont pas accès à internet ou rencontrent des difficultés avec le langage administratif, qui reste complexe", souligne Sandra Chane-Foc.
Pour Solidaires Finances publiques, l’enjeu est clair : éviter une fracture entre les usagers autonomes et ceux qui nécessitent un accompagnement. "Il faut maintenir une présence physique pour ne pas créer d’inégalités dans l’accès au service public", insiste-t-elle.
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Le syndicat met également en garde contre les suppressions de postes, qui pourraient fragiliser l’accompagnement des contribuables.
À La Réunion, ces réductions d’effectifs ont pu être partiellement contenues, notamment grâce à la mobilisation locale. "Nous avons démontré que les besoins restent importants, notamment en matière d’accueil physique", explique Sandra Chane-Foc.
Un constat appuyé par les chiffres de fréquentation, qui restent élevés dans les centres des finances publiques. "Le besoin de contact humain est toujours là", insiste-t-elle.
Intelligence artificielle : un outil, pas une solution miracle
Autre point de crispation : le recours croissant à l’intelligence artificielle, notamment pour détecter les anomalies fiscales. Si l’administration met en avant son efficacité — comme dans la détection de piscines non déclarées — le syndicat relativise son impact réel. "L’IA peut détecter des anomalies, mais sans intervention humaine derrière, il ne se passe rien", rappelle Sandra Chane-Foc.
Selon elle, ces outils ne doivent pas masquer les enjeux plus larges de fraude fiscale. Le syndicat dénonce un "satisfecit" autour de ces dispositifs, au détriment de contrôles jugés plus structurants.
Solidaires Finances publiques appelle également à relativiser certains indicateurs mis en avant par l’administration, notamment le taux de déclaration en ligne. Si 92 % des contribuables réunionnais seraient concernés, une part importante correspond en réalité à des déclarations automatiques.
"Environ 40 % sont des déclarations automatiques, sans action de l’usager. On ne sait même pas s’ils ont vérifié leurs informations", précise Sandra Chane-Foc. Un élément qui, selon le syndicat, relativise la portée réelle de la dématérialisation sur le territoire.
Un appel à renforcer le service public
Au-delà des critiques, Solidaires Finances publiques plaide pour un équilibre entre modernisation et accompagnement humain.
Le syndicat appelle à maintenir des effectifs suffisants, à renforcer les moyens d’accueil et à diversifier les canaux de contact, alors que les lignes téléphoniques sont jugées "insuffisamment calibrées".
Dans ce contexte, la création annoncée d’un centre de contact à Saint-Benoît, dédié aux professionnels, est perçue comme une avancée, mais insuffisante pour répondre à l’ensemble des besoins.


