Il frappe sa compagne en situation de handicap à deux reprises en l'espace d'un mois

evin J. n'est pas contrariant, c'est le moins que l'on puisse dire. Face aux magistrats ce lundi, il répond oui à presque toutes les questions qui lui sont posées. Comme il se dit à La Réunion : "Dan oui n'a point bataille". Pour autant, ces réponses ne suffisent pas au tribunal compte tenu de la gravité des faits et leur renouvellement.
Le 6 mars dernier à Saint-André, une femme en situation de handicap appelle la police en raison des violences qu'elle a subies. Elle a été frappée au visage par son compagnon fortement alcoolisé alors qu'elle est coincée dans un fauteuil roulant en raison de la maladie de Charcot.
Il est convoqué au commissariat le 8 mars et se présente ivre avec un taux de 1,6 g/l d'alcool dans le sang. Il est placé en garde à vue avant d'être jugé ce lundi. Lors de son audition, il explique que c'est elle qui l'a appelé. La victime indique une tout autre version des faits. Kevin J. a déboulé totalement ivre chez elle au prétexte qu'elle aurait une relation extraconjugale. Il s'est énervé et lui a porté des coups de poing au visage. Selon lui, il s'agissait de "claques". Le dossier fait état de photos de la victime le visage complétement tuméfié.
"Oui, c'était le jour de mon anniversaire, je m'en souviens"
À la barre, il reconnait les faits. Quand le président lui demande s'il se souvient compte tenu de sa forte alcoolémie, il se souvient bien : "Oui, c'était le jour de mon anniversaire, je m'en souviens", lance-t-il au président. Le problème, c'est que Kevin J. a été condamné il y a un mois seulement par ce même tribunal, pour avoir frappé sa conjointe. L'homme avait alors écopé d'un an de prison avec sursis, assorti d'une interdiction de paraître au domicile de cette dernière. Pourtant, c'est au sein du logement de la victime que les faits se sont reproduits le 6 mars dernier malgré l'interdiction.
"Il était dans cette salle il n'y a même pas un mois"
"Comment ne pas être dépité par cet enchainement de violences", fustige le procureur. "Il était dans cette salle, il y a même pas un mois. Il y a un problème d'alcool et de violences sur personne extrêmement vulnérable. Il n'a aucune excuse valable, d'autant qu'il était convoqué le 12 mars prochain devant le juge d'application des peines dans le cadre de son sursis probatoire. Que dire de plus ?", tance le parquet qui requiert une peine de 10 mois de prison, la révocation de 6 mois de sursis avec un maintien en détention ainsi qu'une interdiction de contact avec la victime.
"Les faits ont été commis le jour de son anniversaire, il était très alcoolisé", répond la défense. "Il ne s'est pas rendu compte avec l'effet de l'alcool. C'est une peine trop sévère, mais pour le quantum, je m'en remets à la sagesse de votre tribunal", plaide la robe noire. Le prévenu est finalement condamné à la peine de 1 an de prison et voit la révocation de 6 mois de sursis prononcée par le tribunal. Il est maintenu en détention.


