Ibrahim Patel élu grâce à un faux : "De qui se moque-t-on ?"

Pour être éligible, Ibrahim Patel, 62 ans, a fourni dans son dossier de candidature aux élections à la CCIR une attestation mentionnant qu’il exerçait des fonctions au sein de la société Arya. Sauf que les candidats doivent avoir exercé au moins deux ans pour se présenter, ce qui n’était pas le cas, ont dénoncé ses détracteurs. Une société mise en sommeil au moment des faits reprochés, déplore son avocat Me François Avril, mais ayant toujours une activité morale, même si elle n’avait pas d’activité économique à ce moment-là. "Rien d’illégal donc et encore moins d’intentionnel", précise la robe noire.
Pour le représentant de la société, Ibrahim Patel a joué la naïveté, "un comportement impardonnable" pour le sexagénaire qui a exercé deux mandats en tant que président de la CCIR. "De qui se moque-t-on ?", a ironisé le parquet insistant sur l’élément intentionnel et proposant au tribunal de condamner l’intéressé à six mois de prison avec sursis ainsi qu’une privation de droits civiques pendant cinq ans, interdiction de mandat social et une exclusion des marchés publics. Et de rappeler que l’intéressé avait été condamné en 2021 pour usage de faux et escroquerie : "Il connaît la technique, mais cette fois ça ne va pas marcher", prévient le procureur de la République.
Le tribunal correctionnel condamne Ibrahim Patel à 6 mois de prison avec sursis, une amende de 3000 euros et une interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans.


