Guinguettes et bals la poussière : faut pas confondre !

Il y a eu un excellent reportage sur les anciennes guinguettes des bords de Marne, ce samedi sur une de nos chaînes télé. Très complet mais voilà… Pour lancer son « sujet », la présentatrice a comparé les bals des guinguettes aux anciens bals la poussière. Oté !...
Les bals musette étaient des bals avec orchestre, dans des lieux bien définis, des bistrots restaurants dévolus à cet effet, avec planchers en lattes de bois ou en ciment, serveurs et serveuses en uniforme, et grand choix de boissons pour abreuver les guincheurs.
Nos anciens bals la poussière se faisaient à peu près n’importe où et ce qui les caractérisait, justement, était cette poussière soulevée par les danseurs sur le sol de terre battue.
Les musiciens arrivaient là un peu au petit bonheur la chance. Parfois même de vrais orchestres, dont Loulou Pitou et Arlanda-père étaient les phares.
Le plus célèbre bal la poussière était celui du 14 juillet au Barachois, sous la férule de Loulou la plupart du temps. Il commençait après le feu d’artifice, moins spectaculaire à cette époque mais néanmoins apprécié. Et se terminait à plus d’heure. Quelques vendeurs marron proposaient limonades, bières, rhum charrette…
Rien à voir non plus avec les mariages salle verte où, si le sol était souvent de terre battue, il était constamment humidifié ; suffisamment « po rabatte la poussière » ; pas trop pour ne pas rendre la piste boueuse non plus. Tout un savoir-faire ancestral.
Les bals guinguettes, s’il faut à tout prix trouver leur semblant local dans les années 40/50/60, je parlerais plutôt de l’Hôtel d’Europe, du Rio, avec orchestres attitrés, Vinh San, Tropina, Serge Barre, Julot Arlanda.
La caractéristique commune aux guinguettes et à nos bals, poussière ou pas, était l’immense convivialité s’en dégageant.
Jules Bénard


