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Gouvernement Lecornu : entre absence de rupture et quête de stabilité, les élus réunionnais réagissent

Ecrit par N.P. – le lundi 6 octobre 2025 à 11H33
(Photo : © Pierre Marchal - Anakao Press)

Le Premier ministre a dévoilé dimanche soir la liste de son gouvernement. Si, à gauche, on dénonce un manque de changement avec le maintien de Bruno Retailleau à l’Intérieur et de Manuel Valls à l’Outre-mer, Cyrille Melchior, président du Département, appelle pour sa part à la "stabilité".

S’il salue la nomination du gouvernement, Cyrille Melchior appelle de ses vœux à la "stabilité au service du redressement de la France". Dans un contexte national et international "complexe", souligne-t-il, "la France a besoin d’un gouvernement pleinement engagé et d’une cohésion forte pour mener les réformes nécessaires et poursuivre le redressement économique et social du pays".

Le président du Département attend " des ministres qu’ils poursuivent avec détermination le dialogue constructif initié avec les collectivités ultramarines et qu’ils apportent des réponses concrètes aux défis de notre département, notamment en matière d’insertion, de solidarité, d’infrastructures et de développement durable".

Des critiques à gauche

À l’inverse, le Parti socialiste réunionnais, par la voix d’Ericka Bareigts, estime que si le nouveau gouvernement affirme vouloir incarner la rupture, "les premières orientations confirment surtout la continuité d’une politique que les Françaises et les Français ont clairement désavouée".

Face aux urgences sociales et économiques, la fédération réunionnaise du PS rappelle ses propositions : le retour de l’ISF et la création d’une taxe sur les grandes fortunes pour financer les services publics, un plan d’urgence contre la vie chère et la précarité dans les Outre-mer, la protection du pouvoir d’achat, la revalorisation du travail ainsi qu’un investissement massif dans la santé, l’éducation et l’emploi local. "Si le gouvernement persiste dans cette voie, le Parti socialiste n’hésitera pas à déposer une motion de censure", avertit le parti.

Le mouvement Pour La Réunion, emmené par Huguette Bello, fustige de son côté "un 'nouveau' gouvernement ? Non : la même clique, le même mépris". Pour PLR, "ce gouvernement n’est qu’un recyclage de l’ancien monde, celui des privilégiés, des technocrates et des serviteurs du capital". Le parti appelle à "un sursaut populaire et démocratique" et plaide pour "une République véritablement solidaire et respectueuse de la volonté des citoyens — à La Réunion comme dans toute la France ".

LFI dénonce un "budget dangereux"

Le député insoumis Perceval Gaillard estime que "alors que se prépare un budget antisocial et anti-écologique sur fond d’accord avec l’extrême-droite, un budget austéritaire et récessif, dangereux pour La Réunion et les Outre-mer, plus que jamais nous devons censurer ce gouvernement, illégitime, qui a déjà largement fait la preuve de son incompétence et de son souci de ne servir que les plus riches".
Et de conclure : " Face à ce déni de démocratie, ce gouvernement doit être censuré et la parole redonnée au peuple le plus vite possible."

"Tout ça pour ça"

La sénatrice socialiste Audrey Belim regrette quant à elle un remaniement sans relief. "Le Premier ministre Sébastien Lecornu a pris plusieurs semaines pour présenter son nouveau gouvernement, qui dans la foulée s’est déchiré. Une fois de plus, tout ça pour ça", déplore-t-elle.

À ses yeux, "le seul point notable est le maintien de Manuel Valls au ministère des Outre-mer". Une stabilité jugée nécessaire "alors que la Nouvelle-Calédonie et Mayotte traversent chacun des crises majeures, que La Réunion est confrontée à une situation inquiétante (crise du BTP, crise du logement) et que les inquiétudes sont vives sur l’avenir des financements européens dont bénéficient les Outre-mer". Mais, conclut la sénatrice, "sans changement majeur d’orientation, nous censurerons ce gouvernement".

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