Gendarmerie : la compagnie de Saint-Benoît inaugure ses nouveaux locaux et dit au revoir à son commandant

Après plusieurs mois passés dans des locaux provisoires à la suite des dégâts causés par le cyclone Garance à la désormais ancienne caserne de Beaulieu, la compagnie de gendarmerie de Saint-Benoît dispose désormais d'un nouveau point d'ancrage en centre-ville. Ce vendredi 3 juillet, les militaires de l'Est ont inauguré leurs nouveaux locaux, situés face à la mairie, après avoir rendu hommage au chef d'escadron Nicolas Tomasini, qui quitte La Réunion après trois ans à la tête de la compagnie.
La cérémonie, organisée ce vendredi matin 3 juillet sur le parvis de la mairie de Saint-Benoît, avait une triple portée. Le départ du commandant de compagnie, le chef d'escadron Nicolas Tomasini, appelé à poursuivre sa carrière à la Direction générale de la Gendarmerie nationale, au Centre national des opérations (CNO) à Issy-les-Moulineaux, l'inauguration officielle des nouveaux locaux de la gendarmerie de Saint-Benoît mais aussi la remise de plusieurs médailles de la Défense nationale et médailles d'honneur de l'engagement ultramarin.
Depuis le passage du cyclone Garance, les gendarmes de l'Est ont dû composer avec des conditions de travail compliquées. Déjà vieillissante, la caserne de Beaulieu, classée monument historique, a subi d'importants dégâts lors du passage du cyclone, le 28 février 2025, contraignant la gendarmerie à disperser ses effectifs entre les locaux de la direction des finances publiques et la sous-préfecture de Saint-Benoît.
"Les périodes transitoires pour reventiler l'ensemble des gendarmes sur les implantations possibles, ça a été un vrai casse-tête. On a remis beaucoup de monde ici au chausse-pied dans la brigade de Saint-Benoît. On a demandé des petits coups de main et je remercie le directeur régional des Finances publiques ainsi que la sous-préfecture qui ont accueilli la compagnie pendant un temps", a rappelé le général Frédéric Labrunye, commandant de la gendarmerie de La Réunion.


L'ancienne banque transformée en gendarmerie
La solution a finalement été trouvée à quelques mètres de la brigade actuelle, dans les anciens locaux du Crédit Agricole, laissés vacants depuis plusieurs années.
Racheté puis entièrement rénové par un investisseur bénédictin, le bâtiment est désormais loué à la gendarmerie (c'était déjà le cas à Beaulieu). À compter de lundi 6 juillet, la compagnie prendra officiellement possession des lieux et le public pourra y être accueilli dès jeudi 9 juillet.
"On a conçu un projet ambitieux permettant de recentrer ici, rue Georges-Pompidou, au centre de Saint-Benoît, l'ensemble des gendarmes de la place bénédictine. Ce bâtiment facilite l'accueil du public et améliore les conditions de travail des militaires", a souligné le général Labrunye.
Le rez-de-chaussée accueillera les services ouverts au public et la brigade territoriale. À l'étage prendront place les bureaux de la compagnie de gendarmerie. Le bâtiment situé à l'arrière, propriété de l'État, conservera quant à lui la brigade de recherches, le Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG), les chambres de sûreté et les locaux de garde à vue.
Au total, près de soixante militaires sont concernés par ce regroupement.
"Aujourd'hui, la gendarmerie est plus que jamais implantée au cœur de Saint-Benoît. Nous faisons le choix de la longue durée avec l'ambition de durer au bénéfice des Bénédictins et de l'ensemble de l'arrondissement", a ajouté le général.

Plus de 16.000 crimes et délits en 3 ans, 61,5% élucidés
Cette inauguration a également servi de cadre au départ du chef d'escadron Nicolas Tomasini, arrivé à la tête de la compagnie de Saint-Benoît en 2022.
Dans son discours de départ, l'officier est revenu sur plusieurs événements marquants de son commandement : la gestion de crises climatiques successives, le crash d'un hélicoptère à Salazie, plusieurs homicides, les épisodes de violences urbaines ou encore les opérations de lutte contre les bandes.
"En trois ans, nous avons fait face à 16.142 crimes et délits dont 9.928 ont été élucidés, soit 61,5% , vous avez pris en charge plus de 9.200 personnes mises en cause et réalisé 2.754 gardes à vue. Tout ça dans un quotidien marqué par la lutte contre les VIF, la lutte contre les stupéfiants et la lutte contre les troubles à la tranquilité publique et les addictions", a-t-il détaillé.
L'officier a également mis en avant le travail mené contre les phénomènes de bandes à Bras-Fusil, marquée par l'ouverture d'une brigade dédiée, et dans le quartier des Gaspards à Sainte-Marie.

« Cultivez l'optimisme »
Avant de quitter définitivement ses fonctions, l'officier a adressé un dernier message à ses militaires.
"Retenez trois points. Continuez de chercher l'excellence. C'est parce que chacun, à son niveau, cherche à être excellent que nous apportons le meilleur service public possible à la population. Soyez des ambassadeurs de l'état militaire. C'est notre force, notre base sur laquelle on se raccroche quand tout s'écroule. Et surtout, cultivez l'optimisme. Même s'il y a des difficultés, des épreuves, il y en aura toujours. Il est nécessaire de garder le sourire. Le gendarme, c'est celui qui garde le sourire quand tout est noir, celui qui rassure."
En attendant l'arrivée de son successeur, le commandant Philippe Valverde, actuellement à la tête de la compagnie de Cahors, l'intérim sera assuré par le commandant en second, Didier Perrin.


