Fraude aux papiers : Vers la création d'un collectif de victimes à La Réunion

Suite à l'arrestation d'un escroc, en région parisienne, qui revendait les papiers d'identité de chômeurs réunionnais ayant répondu à une offre d'emploi alléchante mais bidon, une association tente de monter un collectif de victimes.
Jean-François Fromens, président de l'association départementale contre l'exclusion et la précarité (Adep), tente d'identifier et de regrouper les victimes de cette escroquerie qu'il qualifie de "sans précédent à la Réunion". Il est déjà en contact avec une quarantaine de victimes. Et appelle les autres à se manifester. "Il ne faut pas avoir honte de se faire connaître", assure-t-il.
Parmi les personnes avec qui il est en contact, 27 ont vu leur identité réutilisée, avec les préjudices graves que cela peut entraîner. "L'un d'entre eux s'est vu accusé de vol de voiture, d'autres se retrouvent avec des problèmes d'assurances ou des cartes d'identité immatriculées dans une autre région, alors qu'ils n'y sont jamais allés", explique Jean-François Fromens.
"500 à 600" victimes à La Réunion ?
Car "Junior", le surnom cet escroc originaire des Comores qui a été mis en examen en milieu de semaine, revendait à prix d'or, en métropole, les papiers d'identité de ces chômeurs piégés, à des sans-papiers.
L'affaire pourrait d'ailleurs être d'une grande ampleur. "Une quarantaine de chômeurs a répondu à l'offre de Pôle emploi, qui a diffusé l'annonce. Et cet escroc recevait les candidats dans les locaux de Pôle emploi. Ces chômeurs ne se méfiaient donc pas quand on leur demandait leurs papiers".
Cartes d'identité, actes de naissances… Ils sont nombreux à s'être fait piégés et à avoir donné leurs papiers au malfaiteur. D'autant que le Pôle emploi n'était pas la seule cible de cet escroc. "D'après ce que m'ont dit des victimes, il a lancé plusieurs appels sur une radio locale mais faisait également du racolage dans les supermarchés", poursuit le président de l'Adep.
D'après Jean-François Fromens, qui ne peut donner qu'un chiffre "approximatif", il pourrait y avoir "de 500 à 600 personnes qui ont été piégées par cet escroc" à La Réunion.
D'où l'idée de monter un collectif de victimes pour que ces réunionnais floués puissent faire valoir leurs droits. Le président de l'Adep étudie également la possibilité de demander des comptes au Pôle emploi Réunion, qu'il accuse de "négligences" en s'étant fait abusé par l'arnaqueur. "Pôle emploi doit prendre ses responsabilités et au moins présenter ses excuses. Il faut que Pôle emploi reconnaisse son erreur dans cette affaire", conclut-il.


