Explosion de la masse salariale à l’université de La Réunion : le recteur exige un plan de retour à l’équilibre

Alors que la rumeur évoque six à sept millions d’euros de déficit à l’université de La Réunion, le recteur Rostane Mehdi est intervenu lors d’un récent conseil d‘administration afin de taper du poing sur la table. Et poser un ultimatum au président Jean-François Hoarau.
Après le vote en décembre dernier du budget 2026 de l’université de La Réunion, malgré les doutes de certains personnels sur la soutenabilité des comptes présentés, le président fraîchement élu Jean-François Hoarau pensait peut-être avoir réalisé le plus difficile : gagner du temps, en attendant d’hypothétiques rallonges budgétaires, notamment de la part de la Région.
La collectivité gère en effet l’attribution des fonds européens à La Réunion et se voit régulièrement pointée du doigt comme étant à l’origine d’une grande partie du déficit de l’université, faute, dit-on, de n’avoir pas versé des subventions promises. Une version balayée d'un revers de main par une source bien informée.
Lire aussi : Ferdinand Mélin-Soucramanien nommé à la tête du premier Collège de déontologie de l’Université de La Réunion
« Le problème, c’est que l’université lance des projets basés sur des fonds européens, avance l’argent, mais comme elle ne va pas au bout de ses projets, elle ne perçoit jamais la totalité des subventions, ce qui augmente le déficit d’année en année », explique notre interlocuteur, en assurant que dans les couloirs de l’université de La Réunion, on parle désormais d’un « déficit de six ou sept millions d’euros ».
Plus de 83% de charges de personnels
C’est dans ce contexte d’inquiétude, marqué par les rumeurs persistantes de non-reconduction d’une trentaine de postes de contractuels, que s’est tenu le 16 mars dernier un conseil d’administration de haute importance, en présence du recteur de l’académie de La Réunion Rostane Mehdi.
Ce dernier a clairement signifié un ultimatum au président de l’université Jean-François Haorau, en lui octroyant trois mois pour présenter un plan de retour à l’équilibre. Si ce plan est validé par les services de Rostane Mehdi, il sera proposé sous forme de délibération, pour approbation, en conseil d’administration de l’université.
Le rectorat pourrait devoir reprendre la main sur la gestion financière
Au titre de chancelier des universités, le recteur dispose des compétences de contrôle sur la légalité des actes adoptés par l’établissement, mais aussi d'un pouvoir de contrôle sur sa gestion budgétaire, avec l’appui de la DGFIP (Direction générale des finances publiques).
Selon nos informations, c’est dans ce cadre que Rostane Mehdi a pu constater que les charges de personnels dépassaient le seuil maximal autorisé de 83% du budget de l’université. Si le plan de retour à l’équilibre n’était pas validé par le recteur, ou s’il n’était pas approuvé par le vote du conseil d‘administration, le rectorat pourrait devoir reprendre la main sur la gestion financière de l’établissement.



