Entre suppression et reconnaissance : Tamij Sangam veut inscrire le nouvel an tamoul dans le calendrier des jours fériés

Au moment où le gouvernement annonce son intention de supprimer deux jours fériés, le président de l’association Tamij Sangam, le docteur Selvam Chanemougame, s'engouffre dans le débat et relance une revendication portée depuis le début des années 1990 : faire du jour de l’an tamoul un jour férié.
Une intervention assumée, pas un télescopage involontaire et malheureux. C'est justement au moment où « le gouvernement propose de supprimer deux jours fériés et que le débat prend de l’ampleur avec des gens pour ou contre », que le président de l'association Tamij Sangam, le docteur Selvam Chanemougame s'immisce dans le débat pour relancer une demande ancienne et jamais abandonnée : faire du nouvel an tamoul, un jour férié.
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Un combat qui traverse les générations : créée en 1989, Tamij Sangam porte depuis sans relâche la proposition de remplacer “un jour férié sans connotation religieuse par le jour de l’an tamoul”.
Son président évoque une situation différente dans d’autres pays, comme à Maurice, en Inde ou à Singapour, “où il existe un équilibre dans la reconnaissance des différentes confessions”. Pas le cas à La Réunion selon lui. Il dénonce une « injustice flagrante alors qu’un tiers de la population Réunionnaise est hindouiste mais ne bénéficie d’aucun jour férié; la discrimination n’est pas une normalité”.
"Célébrer pleinement le vivre-ensemble"
L’absence de jour férié est vécu comme un frein pour vivre sa religion pleinement mais aussi le “vivre-ensemble Réunionnais”.
Il y voit justement une opportunité de le renforcer : « Ce serait une façon de célébrer, de vivre pleinement le vivre-ensemble. » Il souligne l’importance, à ses yeux, que « toutes les composantes de la société soient respectées au même titre, comme c’est le cas en Inde. Il faut tenir compte de notre diversité. » Résumé en une phrase : « Le calendrier doit être le miroir de la société réunionnaise. »
En cas de confirmation de la suppression de deux jours fériés par le gouvernement, Tamij Sangam propose que l’un d’eux soit conservé à La Réunion et attribué au jour de l’an tamoul. « On intègre un jour férié sans en créer un supplémentaire. » Une exception locale, déjà rendue possible par le précédent du 20 décembre, férié à La Réunion mais qui n’est pas chômé en métropole.
“Alors que le gouvernement prend des mesures exceptionnelles pour les outre-mer, à l’image de la Nouvelle-Calédonie, mon raisonnement n’est pas parisien ou purement comptable mais celui de la meilleure intégration d’une société diversifiée, de ses richesses et de ses valeurs dans la République”, poursuit-il. A territoire exceptionnel, mesures exceptionnelles en quelque sorte.
Un appel aux élus locaux
Il veut croire à la portée symbolique d’une telle mesure : « La société réunionnaise sera celle de la France demain », ambitionne-t-il.
Dans un communiqué, l’association rappelle son combat pour un calendrier « respectueux des différentes traditions spirituelles de La Réunion ».
« Aujourd’hui, nous réitérons cette demande et affichons, lors de ce débat actuel, notre détermination pour obtenir un calendrier équilibré, juste et respectueux de notre diversité et de notre vivre-ensemble », écrit l’association.
Elle en appelle aux élus et aux candidats aux prochaines échéances électorales et leur demande de se positionner pour « une plus grande considération des différents courants spirituels de notre île ».


