Revenir à la rubrique : Economie

En 10 ans, les hypermarchés ont gagné 70.000 mètres carrés à La Réunion

Les hypermarchés poussent comme des champignons sur notre île. Des implantations qui ne sont pas vues d'un très bon œil par les petits commerçants des centres-villes.
Ecrit par zinfos974 – le lundi 2 novembre 2020 à 07H53
La grande distribution ne cesse de prendre de l’ampleur sur notre île. En témoigne le nombre de temples de la consommation qui ont fleuri au quatre coins de l’île ces dernières années. Le dernier en date : [l'hypermarché Leclerc, inauguré mercredi dernier]urlblank:https://www.zinfos974.com/Nouveau-E-Leclerc-de-La-Reserve-En-route-vers-l-hypermarche-du-futur_a161880.html à la Réserve Sainte-Marie. 
 
En l’espace de seulement 10 ans, près d'une vingtaine d'avis favorables à l’implantation ou à l'extension d’hypermarchés ont été délivrés par la Commission départementale de l'aménagement commercial (composée de 7 élus, dont le maire de la commune d’implantation, et de 4 personnalités qualifiées en matière de consommation, de protection des consommateurs, de développement durable et d’aménagement du territoire). 

​Selon nos calculs, près de 70.000 mètres carrés de surface ont été accordés à ces projets d'hypermarchés (est considéré comme un hypermarché un établissement de vente au détail en libre-service qui réalise plus du tiers de ses ventes en alimentation et dont la surface de vente est supérieure ou égale à 2500 m2). On dépasse même les 100.000 m2 si l'on tient compte des projets accordés mais abandonnés (comme le centre commercial prévu dans la Zac Isis à Saint-Benoît, le Auchan prévu à Cambaie refusé par la Commission nationale ou encore le Pôle océan).

Sans compter les retails parks et autres espaces commerciaux excentrés, (comme celui qui verra le jour à Casabona à Saint-Pierre, avec une surface demandée de 8729 m2, ou encore les 18.290 m2 autorisés pour l'implantation du Leroy Merlin à proximité du Cap Sacré Cœur. 
 
Les centres-villes impactés

Un désastre pour les petits commerçants de centre-ville, ces mastodontes situés en périphérie captant une bonne partie de leurs clients potentiels. "Une création d'hypermarché impacte forcément un centre-ville", déplore Irchad Omarjee, président de l'association des commerçants de Saint-Paul, qui voit d'un mauvais œil l'implantation de ce nouveau Leclerc "après celui du Portail, l'extension du Tampon, celui de la Ravine des Cabris et celui de Saint-Joseph". 

"Le problème est que les élus qui siègent à la CDAC voient la possibilité de créer une zone dynamique qui apportera de l'emploi. Mais ce sont des emplois précaires ; les emplois pérennes sont dans les centres-villes", note l'élu Saint-Paulois, soulignant le risque de fermeture de petits commerces. "Après l'ouverture du Leclerc Portail, 10 enseignes saint-leusiennes ont dû baisser le rideau. Il faut stopper ces implantions ou ça tuera les centres-villes".

Le gel des implantations demandé

Surtout qu'avec la Crise Covid, les difficultés se sont multipliées. Un gel des implantations jusqu'en 2030 a d'ailleurs été réclamé en août dernier, à l'occasion de la visite de Sébastien Lecornu, par la FFAC Réunion (fédération française des artisans et commerçants) et la CCIR. "Le préfet a été très à l'écoute", souligne Alain Akbaraly, porte-parole de la FFAC Réunion. "Mais on n'a eu aucune garantie, on aimerait que des mesures soient rapidement actées".

"Il faut qu'on nous donne les moyens pour pouvoir résister face aux grandes surfaces", exprime également Mouraman Shiva, le président de l'association des commerçants de Saint-André. Et de faire remarquer que pour les clients, "rien ne vaut la proximité des commerçants des centres-villes". 

Retrouvez dans l'infographie ci-dessous les principaux hypermarchés autorisés à s'implanter depuis 10 ans (les dates sont celles des autorisations, non celles des sorties de terre).

 

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :