Élisabeth Borne quitte la direction de Renaissance sur fond de désaccord avec Gabriel Attal

L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a annoncé ce mercredi son retrait des instances dirigeantes de Renaissance, le parti présidentiel fondé par Emmanuel Macron. Une décision qui acte les tensions grandissantes avec Gabriel Attal, patron du mouvement et figure montante du camp macroniste en vue de la présidentielle.
L'ancienne locataire de Matignon prend ses distances avec Renaissance. « Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne qui n'est pas forcément débattue au sein de Renaissance », a affirmé Elisabeth Borne ce matin sur les ondes de France Inter. Ce mercredi 6 mai, l’ancienne cheffe du gouvernement a annoncé sa démission du conseil national du parti et son retrait du bureau exécutif, affirmant ne plus se reconnaître dans la ligne actuelle portée par Gabriel Attal.
« J'ai décidé de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j'ai créée, Bâtissons ensemble », a ajouté la parlementaire de 65 ans. « Un espace qui a vocation à rassembler au-delà des partis pour faire émerger des propositions concrètes », a-t-elle précisé.
« Renaissance, c’est l’agence de com de Gabriel Attal »
Élisabeth Borne a également détaillé certains points de désaccord avec la ligne défendue par l’ancien Premier ministre. Elle a notamment insisté sur le respect du droit international, de l’État de droit et des institutions. Une manière de marquer ses distances avec certaines propositions récemment avancées dans le débat interne du parti, notamment sur les questions régaliennes et migratoires.
« Je suis convaincue que nous pouvons protéger notre pays dans le respect du droit international (...) Je ne supporte pas quand on met en cause le Conseil constitutionnel, je dis ce à quoi je crois », a-t-elle notamment évoqué, sans se montrer plus précise sur ce qu'elle reprochait à son successeur à Matignon.
L’ancienne Première ministre avait déjà laissé transparaître ses critiques en janvier dernier. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, elle estimait notamment que « Renaissance, ce n’est pas un parti, c’est l’agence de com de Gabriel Attal ».
Le départ d’Élisabeth Borne fragilise un peu plus l’unité du camp macroniste, alors que les ambitions personnelles se dessinent à l’approche de 2027. Gabriel Attal, élu secrétaire général de Renaissance fin 2024 après le retrait de la candidature d’Élisabeth Borne, s’impose progressivement comme l’un des prétendants du bloc central pour la présidentielle.
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Malgré cette prise de distance, Élisabeth Borne assure ne nourrir aucune ambition présidentielle. La publication de son livre « Réveillons-nous ! », prévue cette semaine, doit toutefois lui permettre de développer sa vision politique et son analyse du macronisme.


