Ebola : l’OMS déclare une "urgence de santé internationale" face à une épidémie inquiétante en Afrique centrale

L’Organisation mondiale de la santé tire la sonnette d’alarme. Face à la résurgence d’Ebola en République démocratique du Congo et à l’apparition d’un décès en Ouganda voisin, l’OMS a décidé de classer cette flambée comme une « urgence de santé publique de portée internationale », son plus haut niveau d’alerte sanitaire. Une décision rare.
Selon les autorités sanitaires congolaises, au moins 80 décès suspects et 246 cas suspects ont déjà été recensés en RDC. En Ouganda, un premier décès lié au virus a également été confirmé, faisant craindre une propagation transfrontalière rapide dans une région où les mouvements de population sont importants.
Une souche sans vaccin spécifique
L’épidémie actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, une variante beaucoup plus rare que la souche Zaïre, responsable des précédentes crises majeures en Afrique centrale et de l’Ouest. Or, les vaccins développés ces dernières années ciblaient essentiellement cette souche Zaïre.
Le ministre congolais de la Santé, Samuel-Roger Kamba, a indiqué que cette variante “n’a pas de vaccin et n’a pas de traitement spécifique”, ce qui renforce les inquiétudes des autorités sanitaires internationales.
L’OMS redoute notamment une circulation silencieuse du virus dans plusieurs zones rurales difficiles d’accès, mais aussi une extension vers les pays voisins. L’organisation appelle à un renforcement immédiat des contrôles sanitaires, des capacités de dépistage et du suivi des cas contacts.
Le virus Ebola provoque une fièvre hémorragique sévère. Les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d’une grippe : forte fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires ou maux de tête. Dans les formes les plus graves, des hémorragies internes et externes peuvent apparaître.
La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée ou décédée. Le virus peut également provenir de certains animaux sauvages, notamment des chauves-souris frugivores considérées comme réservoirs naturels du virus.
Une maladie parmi les plus meurtrières au monde
Ebola reste l’une des maladies infectieuses les plus létales connues. Selon les souches et les conditions de prise en charge, le taux de mortalité peut dépasser 50 %. Certaines flambées passées ont même atteint des taux supérieurs à 70 %.
La décision de l’OMS ravive le souvenir de la terrible épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2016, causant plus de 11.000 morts en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Plus récemment, la RDC avait déjà connu une importante crise sanitaire entre 2018 et 2020 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Mais cette nouvelle flambée présente une difficulté supplémentaire : l’absence d’outil vaccinal validé contre cette souche précise. Dans des zones parfois marquées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités, les opérations sanitaires pourraient s’avérer particulièrement complexes.
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L’OMS espère désormais que la déclaration d’« urgence de santé internationale » permettra de mobiliser rapidement davantage de moyens financiers, médicaux et logistiques afin de contenir l’épidémie avant qu’elle ne prenne une ampleur régionale plus importante.


