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Drogue livrée à domicile : les douanes piègent un réseau entre Nantes et La Réunion

Ecrit par L.C – le vendredi 17 octobre 2025 à 08H07

En audience de comparution immédiate ce lundi 13 octobre, deux adultes, Adrianna et Mehdji, doivent répondre de transport de stupéfiants. Les colis, expédiés depuis l’Hexagone, transitaient chez la mère de famille avant d’être remis à son ami de Saint-André. Tous deux ont assuré ignorer le contenu des colis, mais à ce jeu-là, la justice n’est pas dupe.

L’actualité réunionnaise est très souvent marquée par le phénomène des mules. Ce lundi 13 octobre, la cour a dû juger le cas non pas d’une arrivée de drogue par Roland-Garros, mais d’un échange de colis contenant la marchandise illicite.

Tout démarre le 30 septembre dernier quand, à l’arrivée des colis, les douanes ont un doute sur l’un des paquets. Dans ce dernier, ils y trouvent six savonnettes de cannabis et trois ovules de cocaïne. Loin d’être un Colissimo rempli de douceurs, les douanes l’ont fouillé car ce n’est pas le premier colis de cet expéditeur, localisé à Nantes, à destination d’une mère de famille habitant à Sainte-Suzanne.

Les autorités décident donc d’organiser la livraison du paquet, espérant ainsi mettre un terme à ce trafic. Se rendant au domicile d’Adrianna, ils remettent le colis à son conjoint, qui l’accepte. Peu après, le couple est interpellé.

Des problèmes d’argent et de “l’ignorance”

Très vite, le conjoint d’Adrianna est mis hors de cause. La mère de ses trois enfants, qui plus est enceinte, n’échappe pas aux poursuites : les colis sont à son nom. Dans un premier temps, elle explique aux forces de l’ordre ne pas connaître le contenu. Son boulot est simple : pour 400 euros, elle récupère le colis et contacte son ami de longue date, Mehdji, pour lui refiler le paquet. À la barre, la mère de famille explique avoir des problèmes d’argent et que les 400 euros ne sont pas en lien avec le colis. D’ailleurs, toujours selon elle, Adrianna assure ne même pas connaître le contenu des paquets…

Très vite, les enquêteurs se rendent compte que les deux compères sont des amis de longue date : Mehdji fournissait les plans fumette d’Adrianna quand elle en avait besoin. Des traces d’échanges sur le réseau social Snapchat, connu pour avoir une messagerie éphémère, pourraient faire remonter leur petit trafic jusqu’en 2023. Au total, en 2025, trois colis auraient été reçus par le duo.

Dans la foulée, l’homme est interpellé à son domicile de Saint-André. Il déclare avoir versé 850 euros à son amie pour son travail de réception. Mehdji, formateur d’auto-école impeccablement intégré dans la société, détaille à la barre avoir voulu se lancer dans ce trafic pour venir en aide à son amie Adrianna… tout en touchant lui-même une coquette somme de 1 000 euros.

Un trafic rôdé

Concernant Adrianna, deux arguments jouent en sa défaveur concernant sa supposée ignorance : d’abord, son lien avec Mehdji, qui dans le passé lui fournissait sa consommation de zamal. Ensuite, lors de la réception du colis livré par les douanes, le Saint-Andréen a prévenu Adrianna par un message que les autorités étaient au courant pour la marchandise.

Ces deux arguments, avancés par le ministère public lors de ses réquisitions, sont détaillés avec la valeur marchande des trois colis de l’année 2025 : 6 780 euros. Ainsi, le substitut du procureur requiert à l’égard d’Adrianna et de Mehdji une peine de trois ans d’emprisonnement pour le duo. Une peine pouvant être aménagée au vu de leur profil.

Adrianna, mère de famille, vit des allocations et des aides. Enceinte, elle présente une santé fragile. Mehdji, lui, dispense des cours de conduite. Les deux n’ont clairement pas le profil de trafiquants mais celui des petites mains.

Au vu de leur situation, à savoir deux personnes bien intégrées dans la société, le tribunal a tranché : 18 mois de prison pour Adrianna et deux ans dont un avec sursis pour Mehdji, avec un aménagement de peine possible.

Etiquettes : Drogue

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