Deux Réunionnais interpellés avec 1,6 kg de cocaïne à Gillot

Deux trentenaires comparaissaient ce lundi devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de trafic de stupéfiants. Ils ont été interpellés par la police nationale de La Réunion suite à un contrôle sur le parking de l'aéroport Roland Garros.
Force est de constater, ces derniers temps, que le trafic de stupéfiants sur l'île de La Réunion tend à évoluer. Outre le festival de "mules" venues tout droit de métropole, il est à noter que de plus en plus de jeunes Réunionnais partent tenter leur chance dans l'Hexagone dans le business de la cocaïne. C'est le cas de Mathieu M., parti au mois d'avril pour un séjour à Paris avec la ferme intention de revenir chargé de produits stupéfiants. Pour ce faire, il a pu compter sur l'aide d'Andy F., Réunionnais résident en métropole, ainsi que d'un troisième dalon qui a aidé à acheter le précieux sésame sur place.
1600 g de poudre sont scotchés à ses cuisses
Tout débute le 11 avril sur le parking de Gillot lorsque Mathieu M. et Andy F. sont contrôlés par la police. Immédiatement, Mathieu M. annonce la couleur et reconnait transporter de la cocaïne dissimulée sous son pantalon. Au total, 1600 g de poudre sont scotchés à ses cuisses. Les deux hommes sont placés en garde à vue. Mathieu M. pour trafic de stupéfiants et Andy F. pour complicité. Les deux hommes de trente ans sont finalement jugés le 18 avril en comparution immédiate mais demandent un renvoi pour préparer leur défense. Ils sont jugés ce lundi 19 mai. À la barre, ils reconnaissent globalement les faits, notamment Mathieu M. d'être parti spécialement pour acheter de la drogue en raison d'une dette. Il devait en tirer 15 000 euros.
Il apparait qu'ils ont fait l'objet d'un signalement avant leur départ par la police de métropole. Ils étaient donc attendus à Gillot sur le parking. À ce titre, le troisième individu, ayant aidé à trouver la cocaïne, a également été interpellé et jugé à Paris. Pour ne rien arranger à leurs affaires, ils ont eu la riche idée de se filmer pendant le conditionnement, comme l'indique la présidente. Lors de l'exploitation du téléphone de Mathieu M., on les voit transformer la cocaïne en poudre, la mettre dans des sachets puis la mettre sous vide. Cette fois encore, ils ne peuvent nier les éléments.
"On parle tout de même de 1,6 kilo de cocaïne d'une valeur non coupée de 225 000 euros"
S'il apparait qu'ils ont pleinement collaboré à l'enquête, ils tentent de minimiser les faits. "On a l'impression qu'ils parlent de la confection d'un gâteau lorsqu'ils conditionnent le produit. L'ambiance est légère. On parle tout de même de 1,6 kilo de cocaïne d'une valeur non coupée de 225 000 euros", recadre la présidente lors de l'audience. La poudre est testée et relève une pureté de 66 à 68 %. À ce titre, le parquet note que la cocaïne représente "un fléau quotidien" à La Réunion. La procureure estime qu'il ne s'agit pas de "simples mules" car "ils participent à l'acquisition, au conditionnement et au transport". La magistrate insiste sur le "positionnement des prévenus à la barre qui se victimisent". Elle requiert la même peine de 4 ans de prison avec maintien en détention pour les deux prévenus.
L'enjeu pour les défenses n'est pas la matérialité des faits puisqu'ils sont reconnus. Les robes noires insistent sur l'individualisation de la peine, surtout concernant Andy F. qui est jugé pour complicité. Selon son avocat, "il n'essaie pas de se dérober, mais ce n'est pas un grand trafiquant non plus. Il est jugé pour aide et assistance, il est complice d'avoir aidé à conditionner. Il ne mérite pas la même peine. C'est la première fois qu'il passe devant un tribunal, vous devez en tenir compte". De son côté, la défense de Mathieu M. note qu'il a assumé rapidement : "Il a tout dit dès qu'il a été interpellé sur le parking. Pour autant, cette affaire laisse un goût amer, car les commanditaires ne sont, une fois encore, pas devant vous".
Après délibération, le tribunal condamne Mathieu M. à 4 ans de prison ferme et Andy F. à 2 ans de prison, estimant que son rôle était important, mais moindre. Les deux prévenus sont maintenus en détention.


