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Dans l’œil d’Erin : des images inédites au cœur d’un ouragan de catégorie 5

Ecrit par N.P. – le lundi 18 août 2025 à 12H12
Les chasseurs d’ouragans de la NOAA, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, ont filmé leur passage dans l’œil de l’ouragan Erin.

Les équipes de la NOAA ont pénétré dans l’œil de l’ouragan Erin, filmant des images spectaculaires tout en collectant des données cruciales. Après avoir atteint la catégorie 5 samedi, l’ouragan rétrogradé en catégorie 4 menace désormais les Bahamas.

Les images sont saisissantes : un ciel bleu circulaire encadré par un mur impressionnant de nuages, comme une arène gigantesque. Ce phénomène, appelé effet de stade, a été filmé depuis l’intérieur de l’ouragan Erin par les chasseurs d’ouragans de la NOAA, l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique. Ces pilotes et scientifiques ont traversé la tempête samedi alors qu’elle venait de franchir le seuil le plus élevé de l’échelle de Saffir-Simpson, avec des rafales dépassant 255 km/h. Leur mission ne se limitait pas à immortaliser la scène : ils collectaient des mesures de pression, de vitesse des vents et de trajectoire, essentielles pour affiner les prévisions et prévenir les populations exposées.

Classé brièvement en catégorie 5, Erin a ensuite perdu en intensité avant de regagner en puissance dimanche soir, redevenant un ouragan de catégorie 4. À 205 kilomètres des îles Turques-et-Caïques dans la nuit de dimanche à lundi, il balayait la région avec des vents de 215 km/h. Le Centre national des ouragans (NHC) met en garde contre des vagues destructrices et des courants marins dangereux sur la côte Est américaine. L’œil du phénomène devrait frôler l’archipel des Bahamas, où des dégâts importants sont redoutés.

Les moyens de la la NOAA remis en question

Erin s’est distingué par une intensification fulgurante : en un peu plus de 24 heures, le système est passé de la catégorie 1 à la catégorie 5. Une évolution que les chercheurs relient de plus en plus directement au réchauffement climatique, les eaux chaudes de l’Atlantique favorisant la formation d’ouragans plus intenses.

Mais alors que ces missions de reconnaissance deviennent toujours plus indispensables, les moyens de la NOAA sont remis en question. L’administration Trump a engagé de sévères coupes budgétaires, avec près de 900 postes supprimés et un projet de réduction de 27 % du budget de l’agence pour 2026. Des décisions dénoncées par d’anciens responsables, qui y voient une fragilisation des capacités de prévision face à des saisons cycloniques annoncées comme plus actives que la normale.

Les coupes sombres de Trump ont aussi un effet sur les prévisions à La Réunion. La suspension prochaine du partage de données satellitaires par les États-Unis privera Météo-France Réunion d’une source d’imagerie micro-ondes utilisée pour le suivi des systèmes cycloniques. Un manque jugé marginal, mais surveillé de près par les équipes locales de Météo France.

Lire aussi : Prévisions cycloniques : La Réunion subit à distance les coupes budgétaires de Trump

Avec Erin, premier ouragan majeur de la saison, ces inquiétudes trouvent déjà un écho concret. La NOAA souligne que la conjonction de températures océaniques supérieures à la moyenne, d’un faible cisaillement des vents et d’une mousson africaine active pourrait annoncer une série de tempêtes plus violentes dans l’Atlantique nord au cours des prochains mois.

Etiquettes : Météo

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