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Crans-Montana : une instruction pénale ouverte contre les gérants après l’incendie meurtrier

Ecrit par N.P. – le dimanche 4 janvier 2026 à 09H53

Deux jours après l’incendie qui a ravagé la discothèque Le Constellation à Crans-Montana, faisant 40 morts et 119 blessés, la justice valaisanne change de braquet. Une instruction pénale vise désormais les deux gérants français de l’établissement, soupçonnés de négligences alors que l’enquête technique s’annonce longue et sensible.

Les autorités suisses ont annoncé samedi 3 janvier 2026 l’ouverture d’une instruction pénale contre Jacques Moretti, 49 ans, et son épouse Jessica Moretti, propriétaires du bar “Le Constellation” depuis environ dix ans. Le couple est désormais prévenu d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. La procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, a insisté sur le cadre procédural : l’enquête est ouverte sur la base de soupçons, mais la présomption d’innocence demeure tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée. À ce stade, aucune détention provisoire n’est évoquée et les gérants restent libres.

Lire aussi : Incendie meurtrier à Crans-Montana : 40 morts, 119 blessés, les identifications se poursuivent

Le changement de statut intervient après une première audition, vendredi 2 janvier, au cours de laquelle Jacques et Jessica Moretti avaient été entendus pour éclairer la configuration des lieux, les travaux réalisés et la capacité d’accueil. Propriétaires de plusieurs établissements dans la station et ses environs, ils avaient fait du Constellation, repris en 2015, une adresse très fréquentée de la vie nocturne locale. Jacques Moretti a affirmé que l’établissement avait été contrôlé à plusieurs reprises et que “tout s’est fait dans les normes”. Il a aussi déclaré vouloir faire “tout [son] possible pour aider à clarifier les causes” du drame, avant de lancer, samedi, aux journalistes : “Laissez-nous tranquilles, nous aussi nous sommes en deuil”.

Travaux, matériaux, évacuation : les zones d’ombre autour de l'incendie

L’instruction doit maintenant explorer plusieurs axes : les aménagements intérieurs, les matériaux utilisés, les autorisations d’exploiter, les dispositifs de sécurité, les voies d’évacuation, ainsi que l’affluence réelle au moment des faits. Une attention particulière se porte sur la mousse insonorisante installée au plafond, élément central des investigations. La procureure a indiqué que l’enquête vise notamment à déterminer si ce matériau et son installation étaient conformes aux normes en vigueur. Des témoignages et des images évoquent par ailleurs l’usage de bougies pyrotechniques ou de feux de Bengale sur des bouteilles, très proches du plafond, hypothèse privilégiée à ce stade pour l’origine du départ de feu.

L’incendie s’est déclaré dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, lors de la soirée du Nouvel An, avant de se propager à une vitesse fulgurante dans un espace confiné. Le bilan humain est lourd : 40 personnes ont perdu la vie et 119 ont été blessées, la majorité dans un état critique, avec de nombreux grands brûlés. L’identification des victimes se poursuit, mobilisant des moyens importants, tandis que des cérémonies d’hommage et des rassemblements de recueillement se multiplient dans la station. Au terme de l’instruction, le ministère public devra décider d’un classement ou d’un renvoi devant un tribunal.

Etiquettes : Incendie | Suisse

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