Course-poursuite avec la police à Saint-Denis : deux ans de prison pour le conducteur drogué et alcoolisé

Un Portois de 30 ans était jugé ce lundi 24 novembre dans le cadre d’une comparution immédiate. Conduite sous l’effet de stupéfiants et d’alcool, refus d’obtempérer, rébellion… Il a mené une course-poursuite avec la brigade anticriminalité vouée à l’échec.
Le 1er octobre dernier, une course-poursuite a failli virer au drame dans les rues du chef-lieu. Au détour d’un stop, un équipage de la brigade anticriminalité de Saint-Denis remarque un automobiliste qui ne marque pas l’arrêt. Gyro allumé, les policiers lui font signe de s’arrêter.
Or, le conducteur accélère. S’ensuit alors une course-poursuite à travers le boulevard Jean-Jaurès. Dépassements, multiples grillages de feux… Il réussit même l’exploit de faire de l’inter-files. Le chauffard ne compte pas s’arrêter. Au bout d’un moment, le « coma circulatoire » réunionnais fait son effet : l’homme est forcé de s’arrêter, bloqué par les autres voitures.
Même dans cette situation, il tente une dernière marche arrière et heurte légèrement la voiture de la BAC. Finalement, le passager et propriétaire du véhicule parvient à lever le frein à main.
Loin de se laisser interpeller, le chauffard résiste : un agent doit lui porter des coups pour éviter qu’il redémarre et, avec deux de ses collègues, parvient à le maîtriser, puis à procéder à son interpellation.
Une « peur » d’aller en prison
Interpellés, les fonctionnaires de police constatent plusieurs choses : déjà, l’état d’ébriété de l’homme et, après analyses plus poussées, sa positivité au zamal, à la cocaïne et à l’amphétamine. Cocktail gagnant, d’autant plus que l’homme roule… sans permis de conduire.
À la barre, on détaille ce qu’il s’est passé avant d’arriver à cette course-poursuite. Peu avant les faits, Dylan B. croise deux dalons à lui. Les trois compères vont boire une bière. Le propriétaire du véhicule, fatigué, décide de laisser conduire le prévenu.
D’après les dires de l’intéressé, son ami a lourdement insisté pour le laisser conduire. La drogue retrouvée après les analyses ? Pas au courant, dit-il, assurant ne pas consommer. Un pochon de cocaïne sera d’ailleurs déniché par les agents de la BAC dans le véhicule…
Concernant la course-poursuite, Dylan B. assure à la barre avoir paniqué, une peur bleue de « passer par la case prison ». Pour son permis, celui-ci l’a perdu en 2020 pour de multiples infractions routières. Quant à la rébellion, il nie toute volonté de résister aux agents de la BAC. Ce n’est pas ce que disent les premières auditions : celles des agents, et celle de son dalon, propriétaire du véhicule.
Dans ses réquisitions, le ministère public infirme la version du prévenu concernant les faits de rébellion. Concernant la conduite sans permis, il demande une requalification des faits en « conduite malgré une annulation judiciaire », 30 mois de prison ferme et une interdiction de repasser l’examen pendant deux ans.
La défense déplore une interpellation disproportionnée de son client et remet en doute la rébellion supposée. Selon la robe noire, son client a bel et bien « déconné » concernant le refus d’obtempérer, mais nie une bonne partie de la course-poursuite. L’argument avancé : personne sur le banc des parties civiles et l’absence de véhicule gravement endommagé.
L’avocate rappelle que son client est parfaitement inséré dans la société : un travail, une famille, une mère dont il s’occupe… Elle demande ainsi un allégement de la peine, ainsi qu’une obligation de soins.
L’homme, aux sept condamnations, se voit condamné à une peine de deux ans d’emprisonnement par le tribunal, avec maintien en détention, ainsi qu’une interdiction de passer l’examen pendant deux ans.
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