Revenir à la rubrique : Sport Réunion

Coupe du monde féminine de football : "Les filles jouent au foot pour le foot"

Ecrit par zinfos974 – le lundi 3 juin 2019 à 15H13

La Coupe du monde de football féminin démarre ce vendredi, où la France affrontera la Corée du Sud. A l'approche de cette compétition mondiale, nous sommes allés à la rencontre du club SDEFA (Saint-Denis Ecole Foot Association) et plus particulièrement de sa section féminine, mise en place en 2013.

"On avait une forte demande des soeurs des garçons qui jouent chez nous, on a ouvert pour les débutants jusqu'à 13 ans, après au fur et à mesure les marmailles ont grandi donc on a ouvert les 15 ans, les 16 ans et les séniors. Depuis 5 ans qu'on a les filles, ça a boosté le club", explique Gérard Grondin, président du SDEFA.

"On ne veut pas faire comme les autres clubs, on veut favoriser un football très technique à l'image des qualités physiques des filles, avec un sens du jeu collectif plus approfondi que les garçons. Elles jouent au foot pour le foot", explique Gérard Grondin. 

Patrick Bototéleau, entraîneur des filles, explique qu'ici c'est la pré-formation / formation qui est privilégiée. "99% des filles évoluent dans le club, elles arrivent en U13 et terminent en sénior", explique-t-il. À l'entraînement, sur le terrain, les jeunes s'entraînent avec les séniors, pour les aider à se perfectionner.

 

Zoom sur le parcours et la motivation des joueuses

Stessie joue depuis l'âge de ses 6 ans, inspirée par sa famille qui était dans le football. Dès 11 ans, elle a ensuite été formée au SDEFA, où son père est entraîneur. Depuis, une véritable 'passion familiale' est née. "Maintenant le foot occupe une grande place, j'en fais pratiquement tous les jours, même quand je suis au lycée."

Et lorsqu'on lui parle de Valérie Gauvin ou d'un éventuel futur avenir professionnel, on peut apercevoir ses yeux qui pétillent... "Evidemment c'est un rêve, quand tu es fan de foot, tu vies pour le foot et tu aimerais vraiment faire le plus pour être la meilleure. Depuis 2 ans maintenant, j'essaie d'accepter les critiques, d'apprendre de mes erreurs. Qui sait, demain peut-être que je vais percer..." 

Elle ajoute : "dans notre équipe, plein de filles ont la capacité, après c'est une question d'envie, rien n'est acquis dans la vie, même les professionnelles, elles sont pro mais elles ont dû travailler et nous on pense qu'on a encore beaucoup de travail". 

En effet, malgré la passion, toutes les filles n'ont pas le même objectif. C'est le cas de Emmanuelle, 30 ans, ancienne sportive d'athlétisme, qui s'est mise au foot depuis environ 7 ans. Cela fait deux ans qu'elle est au SDEFA après avoir été en D2. "Si j'avais la possibilité j'aurais bien voulu, après je suis plus toute jeune, alors je le pratique par loisir, pour le plaisir". 

Contrairement à Stessie qui est au lycée, Emmanuelle a une vie professionnelle et ce n'est pas toujours facile de concilier travail et entraînement, "comme je suis passionnée, je m'investie au maximum quand je suis présente", indique-t-elle. 

 

La Coupe du monde, un espoir pour le football féminin

"L'embellie est arrivée avant le Coupe du monde", confie Patrick Bototéleau. En effet, pour l'heure, le club compte plus de 85 filles inscrites. "Mais ce qu'il faut faire c'est pérenniser, pour que la section féminine puisse survivre même après la Coupe du monde, c'est aussi l'occasion de fidéliser les filles". 

Le football féminin existe depuis 30 ans, mais le président du club espère qu'avec la Coupe du monde "ça va être une chance pour le football féminin à La Réunion et que ça va rebooster et qu'il y aura un peu plus de clubs qui vont ouvrir leurs portes aux filles". 

Tout comme le président, Patrick "espère et croit que la France remporte la Coupe du monde, pour qu'il y ait une retombée sur tous les clubs et pour qu'on puisse après demain devenir en D1 et en D2 professionnels. Si on veut vraiment évoluer au plus haut niveau, il faut que les clubs soient professionnels". 

Du côté des filles, l'engouement est semblable, mais reste également lucide. Emmanuelle explique "en 2011, j'avais fait un projet sur le football féminin, ça commençait à se développer et avec le recul je pourrais dire en termes de médiatisation qu'il y a eu un travail de fait, mais... c'est médiatisé mais il y a encore du boulot!" 

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :