Contrats aidés : Michel Vergoz voit La Réunion dans un cyclone social tropical intense géostationnaire

Après les nouvelles réductions des contrats aidés décidées par l’État, le maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, dénonce une décision "brutale" aux lourdes conséquences sociales pour La Réunion. Dans un communiqué, l’élu appelle à la création d’un "front commun" entre collectivités et institutions afin de préserver ces emplois qu’il juge essentiels pour la cohésion sociale, la lutte contre les risques sanitaires et la protection de l’environnement.
Le maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, monte au créneau après la nouvelle réduction des contrats aidés décidée par l’État en mai 2026. Dans un texte intitulé "Les contrats aidés, pour un projet partagé", l’élu dénonce la "brutalité" des coupes successives et appelle à une mobilisation collective des collectivités et des institutions pour faire face à l’urgence sociale à La Réunion.
Des coupes jugées "brutales" et sans concertation
Michel Vergoz critique la manière dont l’État a réduit le dispositif des contrats aidés, d’abord entre mars et avril 2025, puis une nouvelle fois en mai 2026. Il reproche notamment l’absence de concertation avec les collectivités locales et souligne les conséquences directes sur les finances communales.
Selon l'édile sainte-rosien, ces décisions sont intervenues après le vote des budgets primitifs des communes, rendant ces derniers "de fait, insincères". L’élu pointe également l’ampleur des diminutions successives du dispositif : le nombre de contrats aidés serait passé de 10.000 en 2025 à 4.000 en 2026, avec une baisse parallèle du taux de prise en charge et de la durée des contrats.
Le maire de Sainte-Rose dénonce aussi les arguments avancés par l’État pour justifier ces réductions, notamment le faible taux d’insertion dans le secteur privé marchand et les accusations de clientélisme visant certains élus locaux.
"Le privé ne peut créer des emplois sans demande"
Dans son communiqué, Michel Vergoz estime que les politiques publiques menées depuis plusieurs décennies pour favoriser l’insertion dans le secteur privé ont montré leurs limites à La Réunion.
Il cite notamment plusieurs réformes et dispositifs qu’il considère comme des échecs successifs : la décentralisation du RMI aux départements en 2004, la création du RSA en 2009, le Contrat Initiative Emploi (CIE) dans le secteur privé ou encore la recentralisation du RSA à La Réunion en 2020.
L’élu rappelle également les difficultés structurelles auxquelles fait face le territoire. Il évoque un "cyclone social tropical intense géostationnaire" pour illustrer la situation économique et sociale de l’île, marquée par un taux de pauvreté de 36 %, un chômage près de trois fois supérieur à celui de l’Hexagone et un coût de la vie particulièrement élevé, notamment pour l’alimentation.
Un appel à un "projet partagé" pour La Réunion
Face à cette situation, Michel Vergoz appelle à la création d’un "front commun" autour d’un "projet partagé" financé conjointement par l’État, l’Europe, la Région, le Département, les intercommunalités et les communes.
L’objectif serait de maintenir et développer des contrats aidés dans plusieurs secteurs jugés prioritaires pour le territoire. Parmi eux figurent l’action sociale de proximité, l’entretien des ravines afin de protéger les zones habitées, la lutte antivectorielle contre des maladies comme le chikungunya ou la leptospirose, ainsi que la préservation de la biodiversité réunionnaise et du label UNESCO.
Pour le maire de Sainte-Rose, ces emplois aidés restent un levier indispensable pour répondre à l’urgence sociale tout en soutenant des missions d’intérêt général essentielles à La Réunion.


