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Chikungunya : deux mesures urgentes pour briser la chaîne de transmission

Ecrit par N.P. – le samedi 19 avril 2025 à 09H23

Alors que l’épidémie flambe à La Réunion, Jean-Marie Virapoullé appelle à agir sans tarder en généralisant la technique de l’insecte stérile et en rendant les répulsifs accessibles à tous.

Avec déjà 100.000 cas estimés, six décès, quatorze nourrissons passés par la réanimation et l’apparition des premières formes chroniques, le Chikungunya frappe durement La Réunion. Face à une campagne de vaccination qui peine à convaincre, Jean-Marie Virapoullé, vice-président du Département en charge de l’action sociale et de la prévention santé, propose deux mesures concrètes : le déploiement immédiat de la technique de l’insecte stérile (TIS) et le remboursement des produits anti-moustiques par la Sécurité sociale en outre-mer.

Lire aussi : La vaccination contre le chikungunya élargie à l’ensemble des personnes fragiles

Développée à La Réunion pendant quatorze ans par l’IRD et le CIRAD, financée par l’État et la Région, la TIS repose sur la stérilisation par irradiation de moustiques tigres mâles, relâchés ensuite en masse pour empêcher la reproduction de l’espèce. Déjà testée avec succès à Sainte-Marie en 2021 sur 20 hectares, elle a permis une chute de 80 % des piqûres et une baisse de 60 % de la population de moustiques. Une start-up basée à Montpellier commercialise désormais ces moustiques, après s’être appuyée sur les recherches réunionnaises. "Cette technologie née ici doit servir ici", plaide Jean-Marie Virapoullé, qui demande un déploiement rapide dans les zones sensibles comme les EHPAD, les hôpitaux et les foyers infectieux.

Deuxième proposition : rembourser les répulsifs anti-moustiques, largement plébiscités mais inaccessibles pour de nombreuses familles. "À La Réunion, 36 % des ménages vivent sous le seuil de pauvreté. La protection contre les piqûres ne peut pas être un luxe", insiste l’élu, qui réclame une prise en charge par l’assurance maladie dans tous les territoires d’outre-mer concernés par les maladies vectorielles.

Alors que la situation épidémique reste hors de contrôle, ces deux leviers pourraient, selon lui, changer la donne.

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