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Bouteilles de gaz: Les stations-service ont-elles intérêt à ne pas vendre ?

Tous le concèdent volontiers, l'annonce de la fin de la participation des collectivités au prix de la bouteille de gaz crée une pagaille sans précédent. Gérard Lebon, président du syndicat des gérants de stations-service de la Réunion, répond aux doutes des consommateurs qui prêtent aux gérants l'intention d'en vendre le moins possible en attendant le nouveau prix rehaussé au 1er mars.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 26 février 2013 à 14H42

"J'ai dû faire trois stations successives lundi pour enfin me ravitailler". Le témoignage de Pascal, habitant Saint-Denis, rejoint celui de nombreux réunionnais qui découvrent, avec la hausse annoncée de 7 euros sur la bouteille de gaz, les subtilités du milieu.

"La première station a refusé de me vendre du gaz alors qu'un camion avait semble-t-il livré une heure auparavant. Qu'on ne me dise pas que 150 bouteilles peuvent partir en l'espace d'une heure", poursuit-il. La deuxième station visitée était prête à vendre à ce client en colère, "mais la couleur jaune des deux bouteilles dans mon coffre a été refusée par cette station des Camélias. Aucune explication ne m'a été donnée", regrette-t-il, avant de poursuivre sa route vers une troisième et dernière station où l'échange pourra se faire.

"Cela dépend de la politique qu'affiche la marque de la station-service, explique Gérard Lebon. Certaines marques ne vendent et donc n'acceptent en retour que des bouteilles bleues par exemple, d'autres marques acceptent des bouteilles de toutes les couleurs et font le nécessaire pour récupérer leurs bouteilles plus tard". Voilà au moins un doute levé dans l'esprit des consommateurs.

"Un vrai bordel"

L'éventuelle réticence de certaines enseignes à vendre des bouteilles fait bondir le président du syndicat des gérants de stations-service. "C'est scandaleux que les gens puissent penser comme cela. Je veux bien qu'on puisse nous dire qu'on ne joue pas le jeu quelques heures avant le changement de prix mais là, plus de cinq jours avant...", explique-t-il. Pour lui, c'est un non-sens pur et simple pour tout commerçant. "Je prends l'exemple de ma station où nous venons de recevoir 280 bouteilles. Vous pensez vraiment que je vais attendre pour les vendre", interroge-t-il. Il pousse son argumentation en faisant le parallèle avec la distribution d'essence. "Quand la Préfecture annonce la hausse du carburant quelques jours avant le 1er du mois, est-ce qu'on refuse de servir l'essence ?", demande-t-il. L'argument est imparable.

Le gérant regrette l'annonce brutale de cette hausse consécutive au retrait de l'effort régional et départemental sur la bouteille. L'idée d'un lissage dans le temps est évoqué, toujours pour éviter ce que les gérants considèrent comme "un vrai bordel" depuis vendredi dernier.

Gérard Lebon constate enfin le comportement inhabituel des consommateurs qui viennent avec trois bouteilles par personne. "Je ne veux froisser personne. Une bouteille : c'est 22 euros. Cela veut dire que les gens peuvent stocker chez eux pour 44 euros de bouteilles qui dormaient jusque-là dans la cour", constate-t-il. Vivement le 1er mars pour que cette pagaille généralisée finisse au rayon des anecdotes.

 

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