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Bidonville de la ravine à Malheur : la position de la mairie de la Possession

Ecrit par Pierrot Dupuy – le mercredi 3 novembre 2010 à 14H58

Dans le cadre de notre article sur le bidonville de la ravine à Malheur ([cliquer ici pour lire l'article]urlblank:http://www.zinfos974.com/Bidonville-de-la-ravine-a-Malheur-un-riverain-porte-plainte-contre-le-maire-de-La-Possession_a21969.html ), nous avons recueilli la réaction de la mairie de la Possession.
Bien évidemment, la vision des choses de Sylviane Rivière, l'adjointe à l'urbanisme, et celle de Doris Carassou, le directeur général des services, diffère sensiblement de celle de la famille Aoutin, même s'ils se rejoignent sur certains points.

 

Doris Carassou a d'abord tenu à re-situer l'affaire de ce bidonville dans son contexte : L'Agora avait publié une étude en 1994 recensant 5 poches d'insalubrité sur le territoire de la commune de la Possession. Aujourd'hui, selon le DGS de la mairie, soit elles sont résorbées, soit elles sont en voie de l'être.

Selon lui, le maire a souhaité utiliser la richesse fiscale provenant des lotissements de luxe qui fleurissent sur le territoire de sa commune pour investir dans le traitement de l'insalubrité. C'est ainsi que 2 RHI (Résorption de l'Habitat Insalubre) ont vu le jour il y a un certain temps déjà : Terrain de sel en centre-ville (déjà réalisée, environ 250 familles), Tiloulit Cap Noir (environ 250 familles). Et 3 autres vont être réalisées très prochainement : Terrain Sarda (environ 100 familles), Ravine Lafleur (200 familles) et Rivière des Galets (entre 250 et 300 familles).

La mairie, selon lui, veut justement faire de la ravine à Malheur une de ses priorités : rien que pour l'opération ravine Lafleur, d'une superficie de 9 hectares, la mairie va dépenser 7,5 millions d'euros pour l'aménagement des terrains. Auxquels il faut ajouter la dépense pour les logements, ce qui multiple la facture par trois ou quatre.

La difficulté, sur le bidonville concerné, vient du fait qu'une bonne partie du terrain appartient à un particulier, M. Bourhis. "De nombreux habitants de ce bidonville ont déjà été recasés dans des logements sociaux, mais dès qu'il y en a un qui part, un nouveau investit sa case", nous explique Sylviane Rivière. "Quand le terrain appartient à la mairie, on démolit tout de suite la case abandonnée. Là, le terrain ne nous appartenant pas, nous ne pouvons démolir et le problème s'apparente un peu au tonneau des Danaïdes. On n'en voit pas le bout".

D'autant qu'apparemment, il faut dissocier le propriétaire du terrain de celui des cases. Ceux qui les avaient construites à l'origine, dans les années 80, en seraient resté "propriétaires" et continueraient à percevoir un loyer de ceux qui les ont suivis. Et alors que le propriétaire dit ne pas être au courant et ne pas lui même toucher de loyer.

On le voit, un véritable imbroglio juridique que la mairie semble dorénavant décidée à saisir à bras le corps. La police municipale est depuis quelques jours sur le site et essaie de déterminer quelles sont les familles présentes, depuis quand, s'il y a un bail de location, si un loyer est versé au propriétaire du terrain, etc...

Reste la question de l'alimentation en eau et en électricité. Selon Doris Carassou, la mairie n'a repris le POS de la commune que depuis 1992. Ce qui s'est passé avant n'est pas de sa responsabilité. Et ce n'est qu'en 1995/1996 que le procureur Legras a tapé du poing sur la table en menaçant EDF et Véolia : "Si vous raccordez quelqu'un sans permis, je vous poursuivrai personnellement". Apparemment, les raccordements en cause dans ce bidonville seraient antérieurs à cette date.

Enfin, la mairie reconnait une faute vis-à-vis de la famille concernée : "On est conscient qu'il y a eu un manque de dialogue dans cette affaire. Nous allons rencontrer la famille Aoustin. Et nous allons lui donner satisfaction en sortant un arrêté d'insalubrité, le jour même où sera rendu le délibéré. Nous avons conscience que nous sommes en tort juridiquement, et nous ne voulons pas que cela coûte un centime au contribuable. Nous le laisserons pas courir le délai d'astreinte. Nous sommes déterminés à trouver une solution rapidement avec la famille Aoustin".

 

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