Autorisation d’exploiter pour les agriculteurs : la FDSEA tape du poing sur la table

La FDSEA a refusé de participer au dernier COSDA et a également interrompu celui de ce mardi 21 octobre. Le syndicat entend obtenir des changements au sein de l’instance consultative qui permet aux agriculteurs de s’installer ou encore d’agrandir leur exploitation.
"La colère monte sur le terrain", prévient Stéphane Sarnon, président de la FDSEA. Le syndicat s’est mobilisé face aux services de la DAAF avec la ferme intention d’initier des changements au sein du Comité d’orientation stratégique et de développement agricole de La Réunion (COSDA).
Cette instance, composée de représentants de l’État, des collectivités et des acteurs du monde agricole, est notamment chargée de délivrer les autorisations d’exploiter — un précieux sésame pour tout agriculteur souhaitant exploiter un terrain, que ce soit en élevage ou en plantation.
"On se réunit, on vote, il faut un quorum ", précise le président de la FDSEA sur la légitimité de l'instance. Pourtant, les avis du COSDA ne sont que consultatifs, le dernier mot revenant aux services de l’État. "La DAAF va de plus en plus à l’encontre des avis du COSDA", peste Stéphane Sarnon.
"Nous avons l’expertise du terrain"
Face au directeur de la DAAF, Jacques Parodi, le syndicaliste demande à ce que l’expertise des professionnels qui composent l’instance soit davantage prise en compte. "Nous avons l’expertise du terrain, nous savons si un projet est viable ", assure Stéphane Sarnon, qui dénonce également l’absence de communication à l’issue des réunions du comité.
"L’avis est directement envoyé à l’agriculteur sans nous en informer". Et face à un refus, "c’est nous qui sommes confrontés à la colère et à l’incompréhension".
Pour obtenir une autorisation, "c’est du camarade-camaron", lance un agriculteur, tandis qu’un autre s’exaspère : " tout est fait pour empêcher les agriculteurs de travailler".
Un cadre juridique
"J’entends ce que vous dites", tempère le directeur de la DAAF. S’il reconnaît un manque de communication, l’administratif rappelle que le cadre juridique des autorisations d’exploiter s’appuie sur le Code rural et le Schéma directeur régional des exploitations agricoles (SDREA). Ainsi, sur environ 900 demandes annuelles, une dizaine reçoivent un avis défavorable, et parmi elles, très peu vont à l’encontre de l’avis du COSDA, souligne le directeur de la DAAF. Des recours devant le tribunal administratif sont également possibles, ajoute-t-il.
C’est la voie qu’a choisie d’emprunter Didier Albaret, maraîcher à Saint-Pierre et Saint-Leu. L’agriculteur souhaite transmettre ses activités à ses enfants, mais son projet a fait l’objet d’un refus d’autorisation d’exploiter. "On compte faire des recours. En tout cas, on ne va pas lâcher le morceau", insiste-t-il.
La FDSEA a quitté le siège de la DAAF en demandant un prochain rendez-vous afin de revoir le fonctionnement du COSDA avant d’envisager de le réintégrer.


