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Automobile : Bruxelles envisage d’assouplir l’interdiction des moteurs thermiques après 2035

Ecrit par N.P. – le mardi 16 décembre 2025 à 11H11

La Commission européenne doit présenter ce mardi ses conclusions sur l’interdiction de la vente des voitures neuves essence et diesel à partir de 2035. Sous la pression de plusieurs États membres, dont l’Allemagne et la France, des ajustements pourraient être envisagés, avec des conséquences majeures pour l’industrie automobile européenne.

La fin programmée des voitures neuves à moteur thermique dans l’Union européenne est-elle gravée dans le marbre ? Décidée en 2023 dans le cadre du Pacte vert européen, l’interdiction de vendre, après 2035, des véhicules neufs essence, diesel et hybrides fait aujourd’hui l’objet de nouvelles discussions à Bruxelles. La Commission européenne doit dévoiler ce mardi ses arbitrages, alors que le sujet continue de diviser profondément les États membres.

Une chose semble toutefois actée : les modèles thermiques classiques et les hybrides actuels ne devraient plus être commercialisés à l’horizon 2035. Pour les automobilistes, seule la vente de véhicules d’occasion resterait autorisée. En France, où les hybrides représentent désormais près d’un véhicule neuf sur deux, l’impact sur le marché serait considérable.

En revanche, une possible porte de sortie se dessine pour les hybrides rechargeables. Soutenue avec insistance par l’Allemagne et ses grands constructeurs, cette option permettrait à certains modèles de continuer à être vendus au-delà de 2035. Ces véhicules, généralement plus lourds et plus chers, offrent une autonomie électrique limitée mais réelle. Aujourd’hui minoritaires sur le marché, ils pourraient connaître une forte progression si Bruxelles valide cette exception, au grand dam des organisations environnementales, qui pointent des émissions de CO₂ bien supérieures à celles des véhicules 100 % électriques.

Enjeux industriels et bataille sur la production européenne

Derrière les débats climatiques, les intérêts industriels pèsent lourd. Tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Renault, par exemple, apparaît mieux armé que certains concurrents premium, avec une gamme largement orientée vers les petites citadines électriques. À l’inverse, la question reste entière pour les véhicules utilitaires, camionnettes et fourgons, un segment clé pour les groupes français et européens, où l’électrification se heurte encore à des obstacles techniques et économiques.

Dans ce contexte, Paris défend une autre ligne de négociation : l’introduction d’un critère de contenu local. L’objectif serait d’imposer qu’une large part de la valeur des véhicules vendus en Europe – batteries et composants compris – soit produite sur le continent. Une mesure destinée à renforcer la souveraineté industrielle européenne, soutenir les usines de batteries récemment implantées et préserver un tissu d’équipementiers fragilisé qui concentre une part importante de l’emploi automobile.

Alors que la transition vers l’électrique avance à marche forcée, les décisions attendues de la Commission pourraient redessiner durablement le paysage automobile européen, entre ambitions climatiques, réalités industrielles et rapports de force politiques.

Etiquettes : Automobile | Bruxelles

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