Au Sakifo, un virage inattendu qui va électriser Saint-Pierre ?

À deux mois de son ouverture, le Sakifo muscle son jeu. Nouvelle scène, actions hors les murs et ancrage péi affirmé, le festival de Saint-Pierre se réinvente sans renier son ADN.
Il y a les grandes scènes, les têtes d’affiche, les foules compactes au coucher du soleil. Et puis il y a ce qui bruisse à côté. Cette année, le Sakifo ajoute une corde sensible à son arc avec la création d’une nouvelle scène, installée à l’entrée du site de Salahin, à la Ravine Blanche. Un espace imaginé avec le Bisik, en lieu et place de l’ancien Vice Corner, et pensé comme un manifeste.
Une quinzaine d’artistes locaux y défileront, portés par une même intention, préserver "l’esprit du Bisik" cher à Pascal Jean-Pierre. Une scène comme une passerelle entre Saint-Benoît et Saint-Pierre, une sorte de "Saint-Benoît on the beach". Pour Jérôme Galabert, directeur du festival, c’est "une valeur ajoutée". Et d’ajouter, sourire en coin, en convoquant le proverbe créole "ti poisson i bek bonne heure".
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La collaboration avec le Bisik s’inscrit dans une continuité. Depuis plus de dix ans, la salle de l’Est accueille les afters du festival. Cette fois, elle entre dans le cœur battant du Sakifo, avec une programmation co-construite avec Sakifo Talents.
Une scène qui fera la part belle à la création péi, entre figures confirmées et émergences vibrantes, d’Aurus à Tine Poppy, en passant par une nouvelle génération déjà influente.
Mais le Sakifo ne se limite plus à ses scènes. Depuis plusieurs années, il infuse la ville. Dans les quartiers de Saint-Pierre, au foyer Albert Barbot, à la bitasion Omalé ou encore au CHU Sud, le festival déploie ses tentacules culturelles.
Concerts, ateliers, concours de dessin, rencontres. Jusqu’à la maison d’arrêt où Baster animera un atelier d’écriture et un concert, pour offrir aux détenus une échappée par la musique.
11.000 billets déjà vendus
Au total, une dizaine d’actions culturelles irriguent le territoire. Le Risofé de Terre Sainte, préparé par l’Afemar, reste un incontournable, comme un rappel que le Sakifo se vit aussi à hauteur d’habitants.
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Côté finances, le festival respire. "C’est la première fois que nous nous sommes entendus après de longues années de discussions", confie Jérôme Galabert à propos d’un programme expérimental de fonds européens obtenu pour deux ans. Avec les partenaires privés, "l’écosystème fragile du Sakifo tient".
Et le public suit. Déjà 11.000 billets vendus à deux mois de l’événement. Preuve que, même en se réinventant, le Sakifo reste fidèle à ce qui le rend unique.


