Après le vandalisme, Roulib cherche un second souffle à Saint-Paul

Le service de vélos électriques Roulib, suspendu après de nombreux actes de vandalisme, pourrait faire son retour à Saint-Paul. Cirkul Réunion appelle habitants et mairie à soutenir sa relance.
Pour relancer ce service suspendu, Cirkul Réunion appelle les habitants à se mobiliser et interpeller la mairie sur l’avenir de Roulib. L’entreprise souhaite attirer l’attention sur la disparition d’un dispositif qui avait rencontré un réel succès auprès des habitants et des touristes, et plaide pour un retour rapide des vélos dans les rues de Saint-Paul.
Filiale du Groupe La Perrière, Cirkul Réunion plaide pour un plan de relance en trois étapes : sécuriser les stations et les vélos, obtenir un accompagnement de la mairie pour une remise en service progressive et garantir un soutien durable à la mobilité douce. Chaque vélo du parc coûte environ 2.000 euros, un investissement lourd pour l’entreprise.
Chef du projet, Thomas Willemse se souvient d’un démarrage très prometteur : « On avait lancé le projet fin 2023, et les chiffres au démarrage étaient très bons. Sur les trois premiers mois, on pouvait avoir jusqu’à 350 trajets par jour. Cela laissait entrevoir un vrai intérêt pour le service », raconte-t-il.
Mais dès 2024, la situation s’est détériorée. « Le vandalisme répété sur nos stations ne nous laissait pas le choix. Malgré toutes nos idées pour limiter la casse, on a dû retirer nos vélos, et c’est franchement un crève-cœur. Chaque semaine, on remettait en service autant de vélos qu’on retirait. En février dernier, on a vécu une vraie opération de casse organisée : en une nuit, 14 stations ont été visitées et une trentaine de vélos lourdement endommagés. Chaque vélo a été réparé trois ou quatre fois, ce n’est pas tenable », déplore-t-il.
Aujourd’hui, l’équipe réduite à un seul mécanicien — contre trois auparavant — continue à entretenir les vélos utilisés par les entreprises. « On veut relancer la discussion avec la mairie sur une sécurisation de nos stations. Sur les 110 vélos du parc originel, nous en avons toujours 80 qui peuvent revenir dans les rues de Saint-Paul demain, si on est assuré de ne pas retomber dans le même cycle de casse et de réparations », ajoute Thomas Willemse.
"C'est désolant de voir cette casse gratuite"
Avant sa suspension, Roulib avait enregistré plus de 5 000 trajets, séduisant habitants et touristes. Contrairement à d'autres dispositifs de vélos en libre-service, comme sur le territoire de la Civis, la ville de Saint-Paul n’a pas investi dans le service, mais a signé des autorisations d’occupation temporaire (AOT) avec l’entreprise pour permettre l’installation des stations dans l’espace public.
Interrogé sur la pétition, le maire de Saint-Paul a réagi : « C’est désolant de voir cette casse gratuite, d’autant plus après l’épisode où 30 vélos ont été abîmés. Nous avons déjà échangé avec Roulib, et nous croyons en l’utilité de ce service, aussi bien pour les touristes que pour les habitants. Leurs premiers chiffres d’exploitation montraient d’ailleurs l’intérêt pour ces vélos. Nous avons proposé des rondes plus régulières de la police municipale. On espère qu’ils vont réinstaller les vélos, et nous sommes prêts à poursuivre le dialogue pour qu’ils reprennent leur activité le plus vite possible. Mais face à des événements où des gens ont clairement de mauvaises intentions et souhaitent faire le plus de dégâts possibles, nous sommes démunis. Si ce genre de service fait toujours face à des incivilités, comme les Vélibs à Paris, il est difficile de lutter contre des personnes déterminées à casser à cette échelle-là ».


