Affaire Spanu : La famille de Yoan se battra "jusqu'au bout"

Dans la nuit du mardi 6 novembre, Yoan Spanu (en médaillon sur la photo), a été [retrouvé pendu dans sa cellule au centre pénitentiaire de St-Pierre]urlblank:https://www.zinfos974.com/%E2%80%8BUn-detenu-se-donne-la-mort-a-la-prison-de-Saint-Pierre_a133287.html . Depuis le drame, sa famille installée à Maurice en est convaincue, Yoan ne se serait pas suicidé. Une page Facebook a par ailleurs été créée pour réclamer "[Justice pour Yoan]urlblank:https://www.facebook.com/justicepouryoan/ ".
Pour la famille Spanu, le jeune homme, qui aurait eu 33 ans le 4 janvier, aurait été tué par ses co-détenus. Yoan n'avait en effet cessé de clamer, lors de son audition au juge des libertés et de la détention, qu'il allait mourir s'il venait à être incarcéré. Le jeune homme était poursuivi pour tentative d'homicide sur un autre homme. Le 30 octobre 2018, il avait porté plusieurs coups avec un morceau de bois, notamment au niveau de la tête et de la gorge, à son colocataire.
Une contre autopsie réalisée
L'autopsie pratiquée à La Réunion a confirmé la thèse du suicide. Yoan serait décédé des suites d'une asphyxie. Aucune lésion pouvant indiquer l'intervention d'une tierce personne n'est décelée.
Le 10 novembre, Isabelle, la mère de Yoan, porte plainte pour non-assistance à personne en danger. L'affaire connaît un rebondissement à la mi-novembre, le corps de Yoan est rapatrié à la demande de la famille sur l'Ile Maurice. Une [contre autopsie est pratiquée par un médecin légiste mauricien]urlblank:https://www.zinfos974.com/Detenu-suicide-en-prison-Une-contre-autopsie-realisee-a-Maurice_a133597.html , Satish Boolell.
Des [examens qui révèlent des traces de viol et de nombreux coups]urlblank:https://www.zinfos974.com/Suicide-en-prison-Des-traces-de-viol-et-de-coups-revelees-par-la-contre-autopsie_a133659.html , notamment à la tête, qui auraient causé la mort du jeune homme. Une contre-autopsie qui vient conforter la famille de Yoan dans leur quête de vérité.
"On a des preuves, on a des témoignages"
"Je me battrai jusqu'au bout", clame aujourd'hui la mère de Yoan venue à La Réunion. "Ils sont en train de cacher l'histoire de Yoan. Il ne s'est pas pendu. Il a été tué, c'est un meurtre. On a des preuves, on a des témoignages", argue-t-elle.
Me Sawoo : "Il y a eu lutte. La pendaison est arrivée après sa mort"
Me Krishna Sawoo, l'un des avocats de la famille, revient sur les résultats de la contre-autopsie. "Il y a eu lutte. La pendaison est arrivée après sa mort", indique-t-il. "On attend encore les analyses laboratoires de ces fameux draps et des vêtements qu'il portait le jour de sa mort".
L'avocat dit "attendre des preuves circonstancielles qu'il était suicidaire et qu'il s'agit d'une pendaison". Me Sawoo met notamment en évidence les résultats de l'autopsie réalisée à La Réunion. "Quand on lit le rapport des médecins légistes réunionnais, on voit cause du décès : Asphyxie mécanique. Mais c'est vague. Cela peut être étranglement, strangulation... La cause du décès aurait dû être "asphyxie par pendaison, comme sur l'acte de décès".
Autre élément inquiétant selon l'avocat, le mode de décès qualifié d'"indéterminé" sur le rapport d'autopsie effectué à La Réunion. "On sait qu'il est mort mais on ne sait pas comment", commente-t-il. Me Sawoo insiste : "quelque chose s'est passé après la garde à vue, pendant les 3 jours où il était en prison", avant son passage devant le juge. Me Sawoo évoque la possibilité d'un "règlement de compte" ou d'une "rixe".


