Affaire Sogecore : Nouvelle plainte au pénal des frères Moussajee

Nouveau volet judiciaire dans l'affaire Moussajee/Sogecore.
Une nouvelle plainte au pénal a été déposée par les frères Salim et Yacine Moussajee ce vendredi 13 décembre 2013. Il s'agit d'une plainte contre X pour abus de confiance et recel d'abus de confiance, abus de biens sociaux et recel d'abus de biens sociaux, organisation frauduleuse de la solvabilité et présentation de comptes annuels infidèles.
Une plainte à laquelle vient s'ajouter une requête au procureur général, Claude Laplaud, de délocaliser cette plainte à Paris. Après sept ans de procédures dans cette affaire, qui a démarré en 2006, les Moussajee veulent donc que cette plainte soit examinée dans une juridiction métropolitaine.
"Y-a-t-il possibilité de se défendre à La Réunion ? J'en doute"
"Compte-tenu de la puissance de nos adversaires, de la collusion qu'ils exercent, nous souhaitons délocaliser cette plainte", souligne Salim Moussajee, qui se définit comme un "lanceur d'alerte", en lutte contre la "haute délinquance financière à cols blancs". "Il y a tout un réseau mis en place pour protéger la Sogecore", indique Salim Moussajee, qui se pose la question suivante : "Y-a-t-il possibilité de se défendre à La Réunion ? J'en doute".
Il faut dire que la plainte au pénal déposée pour escroquerie en bande organisée n'a pour le moment que peu avancer pour les frères Moussajee. Et si le 25 mars dernier, la cour d'appel a condamné la Sogecore à payer 1,1 million d'euros aux Moussajee pour le préjudice de la vente de leurs cinq entreprises de pneumatique, en 2006, les comptes ne sont pas ronds pour les Moussajee, qui cherchent désormais à démontrer que la Sogecore "n'a jamais voulu acheter nos sociétés mais bien nous éliminer".
Sur les 1,1 million d'euros, Salim Moussajee affirme que la Sogecore doit payer encore "300.000 euros". "Après sept ans de combat, nous avons dépensé plus de 500.000 euros de frais de justice et d'avocats", ajoute-t-il. Selon les Moussajee, le préjudice subit s'élève à plus de 7 millions d'euros et la vente conclue en 2006 a été "une vente à pertes". "Quel était notre intérêt, nous, jeunes entrepreneurs âgés de 31 ans, de réaliser une vente à pertes ?", se demande Salim Moussajee qui estime avoir été roulé depuis le début.
La Sogecore a-t-elle cherché à couler les sociétés des frères Moussajee ?
Pour rappel, en 2006, les Moussajee s'imposaient comme les second plus gros importateurs de pneus sur l'île à la tête de sociétés reconnues viables par un tribunal arbitral et dégageant un excédent brut d'exploitation de 596.000€ et employant 43 salariés. "C'est la Sogecore qui a tout manigancé dès le départ, avec la complicité de la BRED, que nous avons d'ailleurs assigné en justice à Paris", renchérit Salim Moussajee.
Désormais, les Moussajee entendent démontrer que l'achat par la Sogecore de leurs cinq sociétés n'a été fait que pour "éliminer" les frères Moussajee, qui devenaient de sérieux concurrents.
Ils estiment notamment que la Sogecore a, dès la vente scellée, chercher à vider les comptes de leurs sociétés. Se basant sur un rapport de la société Optimum, qui a réalisé une étude des bilans, comptes de résultats et rapports de gestion sur la période 2005-2011, les frères Moussajee estiment que la Sogecore "a produit de faux bilans et a annoncé des résultats dérisoires", qu'elle a "provoqué volontairement des pertes financières monstrueuses dans toutes les sociétés qu'elle nous a dérobées et qu'elle a osé présenter comme exsangues, prétendant qu'elle s'est faite piéger par les Moussajee".
Pour les Moussajee, la Sogecore a "bénéficié au final d'un cadeau que lui a offert la justice locale en lui allouant pour 456.000€ les 70% de ces mêmes sociétés estimées raisonnablement à 4 millions d'euros".





