Accord UE-Mercosur : le PLR dénonce "une catastrophe" pour la filière canne à La Réunion

À la veille de la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, le Parti pour La Réunion alerte sur les conséquences pour l’agriculture réunionnaise. Dans un communiqué, le PLR parle d’une « menace directe et disproportionnée » pour la filière canne-sucre-rhum.
le Parti pour La Réunion ne cache pas son inquiétude à la veille de la signature annoncée de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. Dans un communiqué diffusé ce 16 janvier, le parti politique d'Huguette Bello dit exprimer « sa plus vive inquiétude et son entière solidarité avec les planteurs, les producteurs et l’ensemble des acteurs de la filière canne-sucre-rhum La Réunion ».
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Pour le PLR, l’ouverture du marché européen à « 180 000 tonnes de sucre sud-américain sans droits de douane », même présentée comme marginale à l’échelle européenne, « représente une menace directe et disproportionnée pour La Réunion ». Le parti souligne que « ce volume équivaut à près du double de la production annuelle de sucre réunionnais », et intervient « dans un contexte où notre filière traverse déjà une crise structurelle profonde ».
Une filière déjà fragilisée
Le communiqué insiste sur l’accumulation des difficultés auxquelles sont confrontés les planteurs. « Alors que les rendements agricoles sont en baisse historique, que les planteurs de canne nous alertent sur le manque de main d’œuvre et sur une production bien plus faible que l’année passée », le PLR rappelle aussi que « les producteurs de rhum de La Réunion viennent de subir des attaques qui impacteront la compétitivité à l’export de nos rhums locaux ».
À cela s’ajoutent encore « les conséquences des cyclones Belal et Garance qui ont frappé La Réunion ces dernières années et qui fragilisent davantage nos exploitations ». Dans ces conditions, le parti estime que « cet accord aggrave une situation déjà critique, sans offrir la moindre contrepartie, en termes de débouchés, à nos producteurs réunionnais ».
Le PLR dénonce ce qu’il qualifie de « concurrence déloyale et inacceptable », fondée selon lui « sur des standards sanitaires, sociaux et environnementaux largement inférieurs à ceux imposés aux planteurs réunionnais ». Le communiqué cite notamment « l’utilisation de produits phytosanitaires interdits en Europe, la culture de canne OGM et le recours au glyphosate avant récolte », jugés « incompatibles avec les exigences que l’Union européenne impose à ses propres producteurs ». Et de conclure sur ce point : « Cette incohérence est une injustice flagrante. »
Au-delà de l’aspect strictement économique, le PLR rappelle que « la filière canne n’est pas une simple activité économique : elle est un pilier historique, social et environnemental de La Réunion, structurant nos paysages, notre ruralité et des milliers d’emplois directs et indirects ». Selon le parti, « la fragiliser davantage, c’est mettre en péril l’équilibre même de notre île ».
« La Réunion (...) variable d’ajustement de la mondialisation libérale »
Dans sa prise de position, le PLR dit « apporter son soutien total aux acteurs de la filière canne-rhum-sucre de notre île et en particulier aux planteurs qui constituent le maillon essentiel de cette chaîne ». Il « appelle l’État français à s’opposer à toute application provisoire de cet accord tant que des garanties réelles, contraignantes et spécifiques aux régions ultrapériphériques ne sont pas obtenues ».
Le mouvement « soutient les mobilisations agricoles en cours ou à venir à La Réunion comme à Strasbourg le 20 janvier prochain, pour défendre une agriculture respectueuse, équitable et durable » et « appelle nos représentants locaux devant le Parlement européen à défendre les intérêts de notre filière canne-sucre-rhum ».
En conclusion, le PLR martèle que « La Réunion ne peut pas être la variable d’ajustement de la mondialisation libérale » et que « protéger notre filière canne-sucre-rhum, c’est protéger notre territoire, notre patrimoine et notre avenir ».


