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A l'origine du conflit : comment l’Iran, Israël et les États-Unis ont précipité le Moyen-Orient au bord de l’abîme

Ecrit par Lény-Huayna Tible – le lundi 2 mars 2026 à 18H32

Frappes, menaces nucléaires, guerre de l’ombre et engrenage des représailles… Décryptage d’un conflit aux racines profondes qui redessine dangereusement l’équilibre mondial.

Guerre totale ou basculement historique ? Le Moyen-Orient retient son souffle. Les frappes massives menées depuis samedi 28 février par Israël et les États-Unis contre des sites stratégiques iraniens, ayant entraîné la mort du guide suprême Ali Khamenei, ont fait basculer la région dans une confrontation directe sans précédent. L’Iran promet désormais de venger son chef, qualifiant cette riposte de "légitime devoir et droit", tandis que missiles et drones traversent déjà les cieux d’un arc allant du Golfe persique à la Méditerranée.

Au-delà du choc militaire immédiat, cette crise est l’aboutissement d’une rivalité de plusieurs décennies, nourrie par les ambitions nucléaires, les alliances stratégiques et une guerre indirecte devenue aujourd’hui frontale.

Une hostilité enracinée dans l’histoire et l’idéologie

L’inimitié entre l’Iran et les États-Unis remonte à la révolution islamique de 1979, qui transforma un allié occidental en adversaire idéologique. Depuis, Washington considère Téhéran comme une puissance déstabilisatrice, notamment en raison de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël, comme le Hezbollah au Liban ou le Hamas à Gaza.

Israël, de son côté, voit dans la République islamique une menace existentielle. Son programme nucléaire et sa rhétorique belliqueuse ont alimenté les craintes. Le guide suprême iranien Ali Khamenei avait ainsi averti qu’une attaque américaine déclencherait une “guerre régionale”, tandis que Téhéran a régulièrement appelé à la disparition de l’État hébreu.

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Pour l’État hébreu justement, empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire constitue une priorité stratégique absolue, justifiant des opérations clandestines et des frappes ciblées depuis des années.

La rupture nucléaire et l’engrenage militaire

Le tournant majeur intervient en 2015 avec l’accord international sur le nucléaire iranien, censé limiter l’enrichissement d’uranium. Mais la décision des États-Unis de s’en retirer en 2018 relance la course nucléaire et la méfiance mutuelle. L’Iran recommence à accumuler de l’uranium enrichi, tandis que Washington renforce ses sanctions et ses déploiements militaires.

À partir de 2025, la confrontation entre Israël et l’Iran s’intensifie avec des frappes aériennes contre des sites militaires et nucléaires iraniens, tuant des commandants et scientifiques. Pour Téhéran, ces attaques confirment une stratégie coordonnée entre Washington et Jérusalem visant à décapiter le régime.

La guerre indirecte devient confrontation ouverte

Pendant des décennies, la rivalité s’est jouée par acteurs interposés, à entendre les milices en Syrie, le Hezbollah au Liban et les rebelles houthis au Yémen. Mais les attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, suivies de la guerre à Gaza, ont accéléré la dynamique d’escalade. Israël a progressivement frappé les réseaux alliés de Téhéran dans toute la région, affaiblissant son influence stratégique.

Le point de rupture survient donc ce 28 février 2026 lorsqu’une vaste offensive conjointe israélo-américaine frappe directement le territoire iranien. Des missiles et drones ciblent des installations militaires et politiques, marquant “le plus important assaut conjoint depuis des décennies”, causant la mort du Guide suprême iranien et des hauts responsables des Gardiens de la Révolution.

Ce lundi 2 mars, le chef du Pentagone a d'ailleurs assumé la stratégie américaine, affirmant que les opérations visaient à être "claires, dévastatrices et décisives" contre les capacités militaires iraniennes.

En réponse, l’Iran lance depuis des missiles contre Israël et des bases américaines dans plusieurs pays du Golfe, étendant le théâtre de la guerre à toute une région stratégique et ultrasensible.

Une guerre aux conséquences mondiales

Les risques dépassent largement le cadre régional. Le détroit d’Ormuz, passage clé pour le pétrole mondial, est menacé, tandis que les grandes puissances appellent à la désescalade. Le président français Emmanuel Macron a averti que “l’éclatement de la guerre […] a de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationale”.

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Pour les analystes, cette confrontation marque un tournant historique. Elle traduit l’effondrement progressif des mécanismes de dissuasion et la montée d’une confrontation directe entre puissances rivales.

Le spectre d’une guerre régionale (ou mondiale)

La mort d’un chef d’État et les frappes directes entre puissances majeures constituent un seuil inédit. L’Iran, affaibli mais déterminé, promet une riposte durable. Israël, soutenu par Washington, affirme vouloir neutraliser une menace nucléaire jugée imminente.

Ce conflit est désormais entré dans une phase où la logique de dissuasion laisse place à celle de la survie stratégique. La guerre de l’ombre est devenue guerre ouverte dans tout le Golfe, puisque les pays de la zone essuient malgré eux des tirs de missiles. Le risque est immense. Si l’escalade continue, elle pourrait embraser toute la zone, perturber le pétrole mondial, voire impliquer d’autres puissances comme la Russie, la Chine, les partenaires européens ou les États-Unis plus massivement encore.

Dans ce brasier, le Moyen-Orient n’est plus seulement le théâtre d’une rivalité régionale, mais l’épicentre d’un affrontement dont les répliques pourraient redessiner l’équilibre du monde. Jusqu'où ? Personne ne le sait vraiment...

Etiquettes : Géopolitique | guerre | Iran | Israël | USA

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