À La Réunion, la mortalité recule en 2023, mais le cancer reste en tête

Après plusieurs années marquées par la crise sanitaire, la mortalité recule nettement à La Réunion en 2023. Une amélioration notable, portée notamment par la baisse des décès liés au Covid-19, mais qui ne masque pas le poids toujours important des cancers et des maladies cardiovasculaires.
La mortalité a nettement diminué à La Réunion en 2023, atteignant un niveau historiquement bas après plusieurs années marquées par la crise sanitaire. Selon les dernières données de Santé publique France, 5 509 décès ont été enregistrés sur l’île, soit un taux de 840 décès pour 100 000 habitants, en forte baisse par rapport à 2022.
Cette amélioration s’inscrit dans une tendance plus large observée au niveau national et européen. « Le taux de mortalité toutes causes a diminué de 171 décès pour 100 000 habitants en un an », souligne le rapport.
Le cancer et les maladies cardiovasculaires dominent
Malgré cette baisse globale, certaines tendances restent préoccupantes. Les tumeurs demeurent la première cause de mortalité sur l’île, avec un taux de 205 décès pour 100 000 habitants, en hausse par rapport à l’année précédente. Les maladies cardiovasculaires arrivent en deuxième position (189 décès pour 100 000 habitants), mais affichent, elles, une légère diminution.
Derrière ce duo de tête, les maladies respiratoires occupent la troisième place, notamment en raison de pathologies comme la pneumonie ou les maladies chroniques des voies respiratoires. Autre évolution marquante : la chute spectaculaire de la mortalité liée au Covid-19. En 2023, le virus ne représente plus que la 9e cause de décès, avec 130 morts contre 612 en 2022.
Des écarts marqués selon le sexe et l’âge
Le rapport met également en évidence des écarts importants selon le sexe. Les hommes restent nettement plus touchés, avec un taux de mortalité de 1 060 décès pour 100 000 habitants, contre 672 chez les femmes. « Pour chacune des principales causes de décès, la mortalité masculine est plus élevée », souligne l’étude.
Bonne nouvelle en revanche pour les plus jeunes : la mortalité avant 65 ans passe sous le seuil des 200 décès pour 100 000 habitants pour la première fois depuis 2018.
Dans cette tranche d’âge, les cancers restent la première cause de décès, suivis par les causes externes (accidents, suicides, chutes), qui pèsent davantage que les maladies cardiovasculaires.
Si les indicateurs repassent au vert, les autorités sanitaires appellent à maintenir les efforts de prévention, notamment face aux cancers et aux maladies cardiovasculaires. Tabac, alcool, sédentarité ou alimentation restent des facteurs de risque majeurs.
La Réunion affiche aujourd’hui un niveau de mortalité comparable à celui de l’Hexagone, et même le plus faible parmi les territoires ultramarins. Une dynamique encourageante, mais qui reste fragile face au poids des maladies chroniques.


