Le calendrier climatique remis sur la table par les syndicats

Un cyclone amène des pluies mais aussi son lot de questions. Le monde de l'éducation a trouvé en Felleng l'occasion de remettre sur la table l'épineux dossier du calendrier scolaire. Faut-il rallonger les vacances de janvier jusqu'à février, voire début mars, comme à l'époque des grands-parents ? La question a été remise au goût du jour par Claude Hoarau, maire de Saint-Louis, passablement échaudé par l'attitude du préfet.
"Nous avons toujours dénoncé le calendrier calqué sur le calendrier métropolitain", rappelle Christian Picard, secrétaire départemental de la FSU. En 2010, une consultation de la base avait bien été lancée par le recteur Mostafa Fourar mais, selon le syndicaliste et parents d'élèves, cette consultation a été un simulacre.
"Sans moyens et de délai suffisant", la tâche qui consistait à informer l'ensemble des personnes concernées, des parents aux directeurs d'établissements, s'est avérée impossible. Sans compter qu'il revenait au recteur de trancher au final. La prise de conscience que ce calendrier ne tient plus la route doit être l'affaire de tous, estime pour sa part Christian Picard.
A commencer par nos politiques qui "ont une part de responsabilité", assure-t-il. Les élus délibèrent en effet "au sein du conseil académique de l'Education nationale, le CAEN". Mais ils demeurent "timides sur le sujet, voire ne se gênent pas pour passer la patate chaude", s'étonne le responsable de la FSU.
Son organisation estime le temps venu pour l'application d'un calendrier offrant des vacances d'été couvrant janvier jusqu'à fin février, même si, modère-t-il, des divergences peuvent s'exprimer au sein même de son syndicat. En tous les cas, le syndicaliste s'"insurge" contre la stigmatisation du calendrier dit "cocotier", pour qualifier un éventuel retour à des vacances plus longues en période de fortes températures, comme à l'époque. "On nous dit que l'on va sacrifier les bacheliers réunionnais. Toujours est-ils que 100% des élèves souffrent", assure-t-il.
"Aucun calendrier ne fera l'unanimité"
"Je ne suis pas un pro-climatisation mais force est de reconnaître que nos vieux bâtiments ne sont plus adaptés", reconnaît-il. Quant aux ventilateurs : au mieux les classes en sont pourvues, au pire les professeurs demandent un entretien qui soulève d'autres difficultés d'organisation.
Si le débat est de nouveau ouvert, Christian Picard imagine sans mal que, quel que soit le calendrier appliqué, il "ne fera jamais l'unanimité". Une évidence même lorsque l'on sait que l'intérêt d'un élève n'est pas celui d'un enseignant ou encore d'un parent.
Hasard du... calendrier, le nouveau recteur continue mardi de faire le tour des organisations syndicales, et ce depuis son arrivée en poste. "Je le rencontre demain et je ne manquerai pas de lui demander une consultation la plus large possible", promet Christian Picard. Tous les signaux sont en effet au vert pour que le sujet soit accéléré alors que la prochaine consultation est programmée seulement pour... 2014.


