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Prises de poissons croqués par les requins : Le même constat à l'Etang-Salé

Pas facile d'exercer la pêche occasionnel ces derniers temps. Depuis l'attaque de requin mortel la semaine dernière, les langues se délient. Après le mécontentement des surfeurs, les pêcheurs ne manquent pas de grogner face à leur ennemi commun : le requin.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 31 juillet 2012 à 16H42

Franck Lucas est pêcheur à l'Etang Salé. Il a pour habitude de sortir en barque pour s'adonner à sa passion. "Aujourd'hui je suis pêcheur occasionnel mais j'étais pêcheur pro pendant de nombreuses années, et notamment pour la grande pêche australe du côté des Kerguelen", se présente-t-il. Le bonhomme connaît son affaire: "Moin na 48 ans et moin la toujours fait ça !"

Son expérience récente sur le plan d'eau, et notamment sur celui qui fait face à l'Etang-Salé, n'est qu'un témoignage parmi tant d'autres mais donne à réfléchir.

"Nous gagn pu faire la pêche côtière", explique-t-il. Pour étayer cet état des lieux, le pêcheur dit devoir aller de plus en plus loin, ce qui réduit d'autant la rentabilité d'une telle activité. "Au-delà des 100m de la réserve marine vers le large, lé impossible d'attrap un thon ou un rouge, na toujours un requin qui monte dessus", assure le pêcheur. Selon son vécu, il met en cause les bouées situées au large des Brisants de l'Etang Salé, celles qui offrent un tirant d'eau de 40 à 50m. "En mettant ça, zot la favorisé par exemple la présence des pêches cavales. Ben maintenant zot i regroupe à zot ter là. Un de ces quatre, n'aura un mort car la plage lé pas loin", explique-t-il.

Pêcher de plus en plus loin

"Toutes mes prises lé bouffé par les requins. I oblige à moin de "regréier" (gréer) à chaque fois : un nouveau plomb, un aut' hameçon, à chaque fois c'est la même chose", poursuit Franck Lucas. Le découragement se fait sentir.

Les journées-type de ce pêcheur commencent à 6h du matin et le retour à bon port ne se fait que vers 11h. "Parfois mon cousin i accompagne à moin. Mais nous lé obligé de pêcher de plus en plus sur les fonds, de 80 à 100m", raconte le pêcheur. Bref, l'équipée est contrainte de s'éloigner autant que possible des bouées de la réserve qui font office de "DCP" pour Franck. "Le pêche cavale na l'habitude de rester près des bouées justement. La dernière sortie en mer moin l'avé saisi un capitaine d'au moins 1,5 kilo, mais lu l'était déjà mangé. Et moin lé pas le seul à constater ça", conclut Franck Lucas.

 

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