Le comportement électoral à la loupe…

Electeur, qui es-tu? Plus que jamais pendant cet entre-deux tours, les candidats ont cherché à le cerner du mieux possible, de l'indécis au déçu, en passant par celui qui a préféré ne pas participer au vote. De nombreux facteurs et variables déterminent le choix des électeurs : ancrage territorial, contexte économique et mondial, clivages politiques… Tout cela relève de la sociologie électorale.
Homme ou femme, jeune ou âgé, catholique ou musulman, étudiant ou retraité, cadre ou ouvrier, citadin ou rural… Le sociologique Paul Lazarsfeld estimait qu' "une personne pense politiquement comme elle est socialement. Les caractéristiques sociales déterminent les caractéristiques politiques".
Pour cibler au mieux les attentes de la population, les équipes de campagne scrutent de près les territoires, épluchent les dossiers et étudient toutes les stratégies. Durant ces deux dernières semaines, on a notamment vu les deux candidats au second tour de la présidentielle faire les yeux doux à l'électorat de Marine Le Pen, arrivée 3ème au premier tour.
Pour convaincre ce vivier potentiel de 6,4 millions d'électeurs, Nicolas Sarkozy n'a pas hésité à remettre au goût du jour des thèmes comme la protection des frontières, l'immigration, le travail ou encore la sécurité... Tous les ingrédients susceptibles de leur plaire.
Des ouvriers qui n'entendent plus la gauche…
Parlons des hommes et des femmes... Pendant longtemps existait une différence notable face à l'urne. Depuis les années 60/70, l'écart entre le vote des femmes et celui des hommes tend à se réduire au fil du temps. Mais si dans les pays anglo-saxons les femmes votent plus à gauche que les hommes, la différence entre les sexes en France est surtout marquée sur le vote pour les extrêmes : Les femmes sont jusqu'ici moins nombreuses que les hommes à voter en faveur du Front national.
Le comportement électoral de l'ouvrier est aussi un sujet largement étudié tant il connait une mutation fulgurante. Fini le survote en faveur de la gauche constaté jusqu'aux années 70. Le vote de classe ouvrier entame son déclin, avec dans le même temps, un basculement vers l’extrême droite d’une partie des ouvriers qui, auparavant, votaient à droite.
Le vote des jeunes très convoité
Le 21 avril 2002, environ 43% des ouvriers votent pour un candidat de gauche, au même niveau que la moyenne de l'électorat. 24% se prononcent en faveur de Jean-Marie Le Pen. Un sondage réalisé par Ifop sur le vote des ouvriers en 2012 déclare que 26% d'entre eux étaient prêts à voter pour la candidate du Front national… pour ceux qui allaient voter car le premier comportement électoral de ces derniers serait devenu l'abstention.
L'une des grandes inconnues de cette élection présidentielle aura également été le vote des jeunes. Depuis le dernier scrutin, le corps électoral s'est considérablement renouvelé, avec 4,1 millions de jeunes ayant atteint la majorité. Quand ils ne délaissent pas les urnes, on estime que leur vote est influencé par les aînés, mais aussi nourri par des considérations qui leurs sont spécifiques. Selon plusieurs sondages, François Hollande aurait recueilli le plus de voix de la part des 18-24 ans, au premier tour. Marine Le Pen est également très populaire auprès des primo-votants.
Enfin, pour comprendre le choix d'un électeur, encore faut-il qu'il aille voter… L'abstentionnisme est un comportement électoral qui, à grande échelle, permet de diagnostiquer la santé d'un régime démocratique. L'électeur d'aujourd'hui est devenu un votant par intermittence.


