Revenir à la rubrique : Société

Protection des plages : L'idée de la pêche des requins bouledogues et tigres fait son chemin

Il y a quelques semaines, le collectif des Irreverseables recevait des réponses très précises quant à leur questionnement sur les techniques à adopter pour limiter le risque d'attaques de requins. Dans ce courrier écrit du Chef de l’Unité de la Diversité biologique du Conseil de l'Europe, le collectif y voyait la confirmation de leur ligne d'attaque prise depuis quelques mois : c'est-à-dire sécuriser les spots tout en prenant en compte l'aspect écologique.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 18 avril 2012 à 07H56

Les "Irreverseables" trouvent leur force dans la diversité de ses sympathisants. "Il regroupe à la fois des surfeurs, plongeurs, apnéistes, commerçants..." nous explique un membre du groupe. "Nous sommes un groupement d'amoureux de l'Océan qui souhaite contribuer à la résolution de la crise requins à la Réunion en se fondant sur les concepts de développement durable ainsi que sur le respect du principe de précaution".

Il y a deux mois, ils prennent les choses en main en allant à la source même du droit européen. Un courrier est adressé au numéro 1 du service de la "Diversité biologique" du Conseil de l'Europe, institution non gouvernementale qui est cependant bien ancrée sur les questions environnementales.

Les questions posées par les "Irreverseables" réunionnais sont claires : "est-ce que la pêche de quelques individus de requins bouledogues et tigres hors du périmètre de la réserve marine est répréhensible par les lois françaises et européennes ? Y aurait-il également, selon la Convention de Berne, des réserves à utiliser des drum lines* ?"

Nouveau message aux pouvoirs publics

La réponse de Eladio Fernandez-Galiano, chef de l'Unité de la Biodiversité du Conseil de l'Europe est tout aussi limpide. Les requins tigres et bouledogues "ne figurent pas dans les annexes de la Convention de Berne et, par conséquent, ces espèces ne bénéficient pas de protection à ce titre". Tant bien même qu'une protection conventionnelle existait, "les Etats peuvent faire des dérogations dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou d’autres intérêts publics prioritaires à condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée."

Depuis dimanche et le nouveau cri d'alarme des usagers de la mer ainsi que des commerçants de la zone balnéaire touchés de plein fouet, le collectif réactive sa proposition aux pouvoirs publics locaux. "Il y a bien eu dans des cas similaires des régulations des territoires homme/animal de faites par le passé, comme celui des réintroduction des loups ou des ours en métropole".

Sur ce point Eladio Fernandez-Galiano conforte une nouvelle fois les "Irreverseables". "La Convention de Berne a traité d’autres cas de conflits similaires (par exemple, entre les grands carnivores et les intérêts des éleveurs), penchant toujours pour une utilisation judicieuse des dérogations afin d’assurer une coexistence entre animaux sauvages et intérêts des populations concernées par ces attaques, tout en essayant de réduire au maximum les conflits" écrit-il.

Le requin est trop sacralisé selon les Irreverseables

Enfin, "M.Eladio Fernandez Galiano nous informe que les drum lines (palangres de surface) ne figurent pas parmi les moyens et méthodes de mise à mort, de capture et d’autres formes d’exploitation interdits" selon l'Annexe IV de la Convention de Berne" explique le mouvement.

"Il y a bien dans nos rangs des personnes qui sont pour l'élimination d'un nombre déterminé de requins, toujours en fonction de leur nombre, et d'autres qui préfèreraient utiliser les drum lines comme des possibilités de marquage supplémentaires de ces requins qu'on relâcherait plus au large. Il faudrait pour cela que l'on intervienne dans les quatre heures après que le requin morde à l'hameçon, au-delà il meurt. Toujours est-il que notre idée directrice est de sécuriser les plages".

Parallèlement à tout ce travail de connaissance des possibilités qu'offre le droit européen, le collectif est en cours de constitution "d’un groupe d’experts chargés d’évaluer les conséquences économiques et sociales de la perte pour le public des services que leur rendait l’écosystème marin". Une chose est sûre : "nous restons totalement opposés à la ligne directrice de la Sea Sheperd". Les Irreverseables veulent, enfin, bousculer les préjugés sur les requins. "Pourquoi la Sea Sheperd s'attarde autant sur le cas des requins et pas ceux des pélagiques qui sont eux aussi tout autant menacés ? Nous n'avons pas eu de réponse" ajoute ce membre des Irreverseables.

*la technique de pêche des drum lines permet une très grande efficacité de capture et aussi une très forte sélectivité des espèces visées

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :