Les élus repris de justice dans le viseur de Marine Le Pen

Elle a choisi d'ouvrir son discours sur la respectabilité des élus, de quelque bord politique qu'ils soient. Plut tôt dans l'après-midi de mardi, elle avait pu faire la connaissance de Claude Hoarau. Visiblement cette rencontre fortuite a inspiré la candidate pour introduire son discours. L'exemple tout trouvé selon elle pour aborder un volet important de son programme.
L'équipe du FN 974 n'a semble-t-il pas manqué de briefer sa candidate sur la politique locale. Marine Le Pen y est allée de son coup de griffe à l'égard du maire de Saint-Louis. "Ce n'est pas lui qui traînerait quelques casseroles…?" semblait demander naïvement la candidate à un auditoire acquis à sa cause.
"Alors lui dans le mélange des genres : j'utilise des biens de la commune à des fins de manifestation…Il y a eu le tracteur de la municipalité, des employés communaux à se demander si la mairie pouvait toujours fonctionner…C'est ce que la République a pu laisser développer dans notre pays depuis bien trop longtemps maintenant", juge-t-elle. Les applaudissements sont nourris. Voilà pour la forme et l'exemple local à portée de mains. Un autre exemple tout récent du côté de Sainte-Suzanne a sans doute pu parvenir aux oreilles de la présidente du FN. Qui sait ?
"On entend parler tous les jours de corruption chez nos élus. Chaque jour une affaire de corruption et je vous passe les maires qui sont entrés en prison, qui en ressortent et qui n'hésitent pas à demander de nouveau le soutien de la population"...
Sans surprise : la "priorité aux Français !"
La sentence que souhaite voir appliquer le FN est donnée par sa numéro 1 : "Lorsqu'un élu aurait été condamné définitivement, il ne pourrait plus jamais se présenter à une élection", ordonne Marine Le Pen. La proposition fait un tabac parmi les 200 voire 250 convives.
Sur le deuxième volet de son intervention, la candidate reviendra sur le passage obligé de son discours : l'immigration version Front National. Là encore Claude Hoarau a bon dos. "M. Hoarau disait cet après-midi que nous n'aimions pas les étrangers. Mais M. Hoarau en accueille-t-il chez lui des étrangers ? Evidemment c'est facile de se présenter comme généreux avec l'argent des autres poursuit-elle. Les gens de gauche nous traitent de racistes", ce que nie Marine Le Pen.
"Nous avons 5 millions de chômeurs*, 8 millions de pauvres, des personnes âgées qui touchent des retraites indécentes. Eh bien oui je peux dire que la priorité doit être donnée en France à tous les Français !"
Le public n'en demandait pas tant. Aux alentours de 21h30 et galvanisé comme jamais, il pouvait se laisser aller à rêver d'un 21 avril bis. Les péripéties de début de soirée pour accéder au restaurant paraissaient déjà oubliées.
* en réalité 4,27 millions demandeurs d'emploi au total étaient en phase de recherche en fin d'année dernière (chiffres de Pôle Emploi janvier 2012)


